Le Temps: En évoquant un référendum, adressiez-vous un message à nos négociateurs pour les enjoindre à la fermeté face à Bruxelles?

Pierre Mirabaud: Il ne s'agit pas de pression vis-à-vis de nos négociateurs. Mais uniquement de souligner ceci: la Suisse n'est pas demanderesse. L'UE demande certaines concessions avec insistance et n'est pas prête à concéder beaucoup en retour. Notamment sur les dossiers Schengen. Il y a un moment où trop, c'est trop.

– Le référendum est-il le dernier rempart pour protéger le secret bancaire?

– Ce n'est pas un rempart. Ces derniers mois, la population suisse se rapproche beaucoup de la place financière. Si l'on devait demander l'avis du peuple, il n'y a aucun doute qu'il soutiendrait le secret bancaire. La compétitivité de la Suisse fait partie de notre intérêt national.

– Malgré tout, si un référendum devait bloquer un éventuel accord, la Suisse ne pourrait se garantir contre des sanctions de l'UE…

– La Suisse est un Etat souverain, et elle a toujours réagi durement face à des pressions extérieures. L'UE s'est dernièrement rendu compte qu'elle a été trop loin en brandissant la menace de sanctions.