Pratiquement une automobile sur deux circulant sur les routes suises est une voiture en leasing. Alors que les ventes au comptant dans ce secteur ont fortement diminué en 2001 et 2002, le leasing a continué à progresser, notamment auprès des particuliers. Pourtant, à l'usage, cette formule revient très cher.

Depuis 1996, le volume des leasings de voitures neuves a pratiquement doublé. De 44% en 2000, sa part aux ventes de véhicules nouveaux a passé à 48,5% en 2001, pour atteindre environ 60% en 2002. Au cours de cette année-là, on a enregistré quelque 180 000 nouveaux contrats de leasing automobile, pour un total de 300 000 immatriculations de véhicules neufs.

Toutefois, dans l'absolu, la croissance du leasing dans ce domaine a beaucoup ralenti. S'élevant à 14% en 2001, elle s'est tassée à 0,6% en 2002, sur un marché automobile en recul de 6,9%. Pour 2003, les professionnels s'attendent à une stagnation, voire à un certain recul.

Le fait même que les contrats de location de voiture par leasing aient encore marqué une croissance en 2002 est à première vue déconcertant, étant donné que non seulement le commerce des automobiles, mais toute la consommation de biens durables a marqué un recul sensible. Selon les experts, toutefois, le leasing aux particuliers, tout comme le crédit à la consommation marquent toujours un temps de retard sur l'évolution conjoncturelle: leur courbe de croissance monte encore pendant de longs mois après un fléchissement de l'économie, avant de s'inverser.

En 2002, plus de la moitié des contrats de leasing de voitures, qui représentent un total supérieur à 5 milliards de francs, ont en effet été signés par des particuliers. Or, une récente étude comparative de l'institut Comparis aboutit à la conclusion que, tout compte fait, l'écart de prix entre la prise en leasing d'une voiture auprès d'une des grandes sociétés indépendantes et son achat au comptant atteint en moyenne 50%, indépendamment de la durée.

Comparis explique que les échéances mensuelles ne tiennent pas seulement compte du prix de vente du véhicule neuf mais également, et surtout, de sa valeur résiduelle à la fin du leasing. Or, la vente à l'issue de la durée de location par leasing, n'est jamais certaine. Il y a là un risque assez considérable que le garagiste doit provisionner au bilan, et pour lequel il se fait indemniser par le preneur de leasing.

Dizaines de milliers de francs supplémentaires

D'autre part, Comparis attire l'attention sur les conséquences d'une résiliation anticipée d'un contrat par un client: la dépréciation effective du véhicule ne correspond plus alors à la dépréciation moyenne théorique comprise dans les échéances du leasing. Elle est nettement plus élevée, et les coûts supplémentaires qui en résultent pour le client peuvent atteindre jusqu'à plusieurs dizaines de milliers de francs, selon l'automobile en cause et la date de résiliation du contrat.

Richard Eisler, directeur de Comparis, tient cependant à souligner qu'en cas d'achat au comptant, l'acheteur prend également un risque financier généralement oublié: celui de ne pas parvenir à revendre à un prix correct l'automobile acquise, s'il veut en changer après deux, trois ou quatre ans.