Flavio Cotti, qui n'était pas venu en Afrique du Sud depuis quatre ans, a retrouvé un pays transformé: «Si je compare à 1994, je note des progrès politiques évidents qui confirment une réelle stabilisation démocratique», a-t-il dit. Mais, à son avis, «l'évolution économique n'a pas suivi au même rythme». Raison de plus pour la Suisse de maintenir et de prolonger ses liens avec l'Afrique du Sud, «une puissance qui jouera un rôle fondamental sur le continent au cours du siècle prochain», comme l'a souligné M. Cotti.

Aussi, c'est davantage de coopération économique que de politique qu'il s'est agi pendant la brève étape de la délégation helvétique à Johannesburg, capitale financière et commerciale du pays. Face à un parterre de décideurs sud-africains, le président de la Confédération a rappelé que la nation arc-en-ciel constituait déjà son plus important partenaire économique sur le continent africain.

La présence de 300 entreprises suisses (représentant un potentiel de 25 000 emplois) en atteste. Certaines sont là depuis des lustres, telles que Sulzer installée en Afrique du Sud depuis 1923. Spécialisée dans le matériel minier, elle a prospéré jusqu'à la fin des années 80, avant de subir de plein fouet les effets de la crise du secteur, qui lui a fait perdre 300 de ses 750 salariés.

Après la chute de l'apartheid et la levée des sanctions internationales, Sulzer a, comme d'autres, décidé de renforcer sa présence en Afrique du Sud. Son vice-président, Urs Scherrer, affirme: «Nous croyons en l'avenir de ce pays qui reste un géant économique régional; c'est pourquoi nous y avons investi près de six millions de francs suisses l'année passée.» Urs Scherrer fait partie de la délégation d'hommes d'affaires invités à suivre une visite présidentielle qui, selon Flavio Cotti, «offre l'occasion de réaffirmer notre présence et donne, à ceux de nos industriels qui ne connaissent pas l'Afrique du Sud, l'opportunité de premiers contacts».

Les Sud-Africains, sensibles au message, avaient dépêché quelques «poids lourds» de l'establishment économique, avec à leur tête Reuel Khoza. Le directeur d'Eskom (société nationale de production et de distribution d'électricité) s'est voulu rassurant: «Notre stabilité politique plaide en faveur d'un développement économique solide et nous avons nous aussi la volonté de renforcer nos liens avec la Suisse.» Il est vrai que la Suisse se hisse au sixième rang des partenaires commerciaux de l'Afrique du Sud et qu'en 1997, le volume d'échanges entre les deux pays a représenté 953 millions de francs suisses.

Après une longue période favorable aux exportateurs suisses, la balance commerciale approche maintenant de l'équilibre; notamment grâce aux réductions douanières dont bénéficient de nombreux produits sud-africains. Tout semble donc aller pour le mieux. Cependant, la visite présidentielle ne s'est accompagnée d'aucune annonce majeure. C'est peut-être pourquoi la presse sud-africaine s'est jusqu'ici montrée plus que discrète sur le sujet.