financière genevoiseLe Temps: Comment évoluent les relations Afrique du Sud - Suisse depuis la fin de l'apartheid?

Jay Naidoo:Très positivement, et nous allons vers un raffermissement de nos relations. Nous avons beaucoup à apprendre de la Suisse dans les domaines financiers et technologiques. Nous avons besoin de l'aide de la place financière genevoise pour développer le marché africain des capitaux. La Suisse n'a pas de matières premières et compte sur son capital humain. Nous avons des matières premières, mais pas d'expertise.

- Que pensez-vous de l'action de certaines organisations, notamment suisses, qui réclament des dédommagements pour les complicités avec l'ancien régime d'apartheid?

- C'est une initiative qui leur appartient. Mais beaucoup d'entre nous souhaitent regarder ce que nous pouvons faire maintenant. Nous pensons aux capitaux, aux technologies et à l'expertise qui nous mèneront sur la voie du progrès. Nous n'oublions pas le passé, mais nous vivons au présent, et le présent pour nous représente les défis du chômage, de la maladie, de la criminalité, du logement. C'est là où nous avons besoin d'agir aujourd'hui.

- Qu'attendez-vous de l'accord de libre-échange entre la Suisse et les pays d'Afrique australe? - Nous nous réjouissons maintenant de voir comment cet accord va se traduire dans des projets concrets. Nous ne sommes pas en concurrence avec la Suisse dans le commerce international. Nos revendications s'adressent plutôt aux Etats-Unis et à l'Europe.