Téléphonie

Pour les Suisses, les frais de roaming sont quasiment morts

Désormais, 20 francs suffisent, en Europe, pour accéder à internet via son smartphone pour une utilisation modérée. Les recettes d’itinérance ne cessent de baisser pour les opérateurs. Mais ils pourraient réduire encore leurs tarifs, affirment des analystes

Des factures de téléphonie mobile de plus de 500 francs au retour d’un séjour en Espagne ou en Italie? Cette hantise du vacancier appartient, en ce début d’été 2018, au passé. Les opérateurs suisses ont baissé leurs tarifs à l’étranger: une vingtaine de francs suffit désormais pour accéder aisément à internet.

En plus, sous la pression incessante des organisations de défense des consommateurs, les opérateurs ont amélioré leur système d’alerte en cas d’utilisation intensive du téléphone à l’étranger. Un an après l’abolition des tarifs d’itinérance dans l’Union européenne, les Suisses continuent à payer davantage que leurs voisins lorsqu’ils sortent du pays. Mais sans commune mesure avec les factures qu’ils recevaient il y a douze mois.

Les tarifs imposés aux consommateurs suisses sont encore très élevés. Ils doivent diminuer

Ralf Beyeler, analyste auprès du site de comparaison Moneyland.ch

Cette baisse de tarifs est saluée par les analystes. «Encore hauts en comparaison internationale, ces prix sont quand même nettement moins élevés que par le passé, estime Jean-Claude Frick, spécialiste télécoms chez Comparis. Personne ne peut craindre une facture élevée lorsqu’il utilise son smartphone à l’étranger.»

Analyste auprès du site de comparaison Moneyland.ch, Ralf Beyeler est plus nuancé: «Les trois opérateurs demandent moins de 20 francs pour un volume d’un Go de données. Mais la taille de ces paquets varie selon les opérateurs. Et en comparaison internationale, les tarifs imposés aux consommateurs suisses sont encore très élevés. Ils doivent diminuer». Selon Ralf Beyeler, «l’expiration de la plupart de ces packs après trente jours est problématique: les clients payent beaucoup plus que ce qu’ils consomment.»

De moins en moins de recettes liées au roaming

Quant aux opérateurs, ils gagnent de moins en moins avec le roaming. Ces recettes se sont élevées en 2016 à 514 millions de francs, soit un recul de 16% par rapport à l’année précédente, selon les derniers calculs, fournis en décembre 2017 par l’Office fédéral de la communication (Ofcom). Ces recettes pourraient se réduire à zéro selon le nouveau projet de loi sur les télécommunications, actuellement en discussion à Berne. Mais l’issue de cette nouvelle mouture, attendue pour fin 2018, début 2019, est incertaine.

Utiliser son smartphone à l’étranger pour accéder à internet est de plus en plus prisé: entre 2017 et 2018, Swisscom a constaté une hausse du volume de données de plus de 70%. Et ces mégaoctets remplacent bien sûr aussi les SMS et les appels vocaux classiques via des applications telles WhatsApp, Telegram ou Viber. Intéressons-nous donc au prix des données, en prenant l’exemple de la France – à noter que ces tarifs s’appliquent, pour les trois opérateurs à la majorité des pays européens. Ces prix concernent les abonnements de Swisscom, Salt et Sunrise – attention, le roaming pour les offres prépayées est sensiblement plus cher.

Swisscom, moins cher en 2018

En mars, l’opérateur réduisait de 20 à 50% les prix des packs de données. Ainsi, un paquet de 1 Go coûte, pour la France, désormais 19,90 francs pour un mois. Un Go, c’est largement suffisant pour lire ses e-mails, consulter les nouvelles et utiliser un peu son GPS – mais ce n’est pas assez pour des heures de vidéos en streaming. Un paquet de 3 Go est facturé 49,90 francs, 200 Mo coûtent 7,90 francs.

Swisscom affirme que 80% de ses clients n’ont même pas besoin d’acheter ces packs de données, car leur abonnement comprend déjà un certain volume de données. Par exemple, l’offre inOne mobile M, coûtant 90 francs par mois, comprend 60 jours d’accès à internet par an en Europe. «Ces volumes de données intégrés sont surtout inclus dans des abonnements chers, relativise Ralf Beyeler. On peut imaginer que les détenteurs de ces abonnements utilisent beaucoup internet en Suisse: s’ils adoptent le même comportement à l’étranger, ces forfaits de données seraient nettement insuffisants.» Un avis que partage Jean-Claude Frick: «Avec ces abonnements onéreux, vous payez chaque mois pour quelque chose dont vous n’avez besoin qu’une ou deux fois par an. Il est préférable d’utiliser un abonnement sans roaming inclus et d’acheter un pack de données lorsque vous voyagez.»

Sunrise, une option jour par jour

Chez Sunrise, un pack de données classique est moins onéreux: compter, pour la France, 29 francs par mois pour 2 Go (et même 4 Go d’ici au 30 septembre). Il est aussi possible d’acheter une option à 39 francs pour un Go utilisable seulement durant sept jours (avec appels illimités) ou 69 francs pour 2 Go durant trente jours (aussi avec appels illimités). Sunrise permet également d’utiliser, via une autre option, 100 Mo par jour pour 1,90 franc quotidien. L’abonnement «Swiss Neighbors» (95 francs mensuels) inclut du surf illimité dans les pays limitrophes, mais uniquement jusqu’à fin septembre.

Salt, le meilleur marché

C’est l’opérateur le moins cher pour un pack de 1 Go (18,95 francs) en France, alors que le forfait de 5 Go coûte 68,95 francs. Un paquet de 300 Mo (internet Europe) coûte 9,95 francs. Comme ses concurrents, Salt inclut du roaming dans certains abonnements: «Swiss» (59 francs par mois) intègre 200 Mo, «Europe» (89 francs par mois) comprend pas moins de 4 Go.

D’ici à une possible fin du roaming imposée par la loi, les clients de Swisscom, Salt et Sunrise ont toujours intérêt à acheter des options lorsqu’ils se rendent à l’étranger.

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