La meilleure destination possible pour un expat serait la Suisse, selon un sondage effectué par HSBC et publié le 2 janvier. L’Allemagne arrive en deuxième position, la Suède en troisième et les Emirats Arabes Unis en 4e. Mais l’enquête se limite au seul revenu de l’expat. Il serait de 188 275 dollars en Suisse, soit le double de la moyenne. Pour 69% des sondés, la Suisse offrirait aussi un très bon équilibre entre vies professionnelle et privée. Mais, à l’inverse, le Suisse qui part à l’étranger pour faire carrière, ou pour toute autre raison, doit s’attendre à gérer de nombreux obstacles administratifs dans son pays d’origine. Avant d’être Suisse de l’étranger, il devra régler de coûteux problèmes bancaires et financiers. L’introduction de l’échange automatique de renseignements (EAR) renchérit certains services bancaires.

Un coût élevé pour les petits clients

La volonté de conserver un compte en Suisse n’est pas aisée à réaliser. Et si le client y parvient, les conditions sont souvent fort peu attractives. En effet, les établissements qui acceptent un Suisse de l’étranger ou un Suisse qui part à l’étranger proposent des frais de 20 à 40 francs par mois. Dans un contexte de rendement quasi nul, si l’épargne du client se limite à 10 ou 20 000 francs, l’opération se traduit par une perte considérable.

Lorsqu’une personne prend rendez-vous avec son banquier pour lui annoncer son départ à l’étranger, son sort dépend de la banque, de sa fortune personnelle, de la durée de sa relation avec la banque ainsi que du pays dans lequel il s’apprête à vivre (moins cher dans l’UE qu’aux Etats-Unis ou en Asie), explique le porte-parole de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE). En fin d’année, cette dernière a réalisé un sondage auprès des établissements bancaires afin de déterminer les conditions offertes. A noter que ni les deux grandes banques ni Raiffeisen n’ont répondu.

L’OSE présente sur son site la liste des établissements et des conditions offertes aux Suisses de l’étranger. Swissquote en ressort comme la plus attractive puisque ses frais sont nuls. La banque comporte toutefois des restrictions pour les Etats-Unis et partiellement le Canada. Elle est appropriée pour un client qui investit sur les marchés et non pour celui qui n’entend pas faire travailler son épargne.

Différences entre les banques et entre les pays

La Banque cantonale du Jura (5 francs) est également bon marché. Mais les frais sont souvent de 30 francs par mois pour les banques régionales, pour la Banque Migros, 40 francs pour Valiant.

Les instituts demandent parfois un dépôt minimal, par exemple 100 000 à la Banque Cantonale de Zurich, 250 000 la Banque Migros pour les clients aux Etats-Unis ou dans le «reste du monde», 500 000 francs la Banque Cantonale de Lucerne.

A la suite de discussions avec l’OSE, Postfinance s’est profilée comme la banque acceptant les Suisses de l’étranger dans tous les endroits du monde, même les Etats-Unis, à l’exception bien sûr des pays sous embargo. Mais l’établissement a relevé de 10 francs par mois, en ce début d’année, ses frais mensuels pour les porter à 25 francs. Le budget de l’épargnant suisse de l’étranger est donc grevé de 300 francs par année au minimum.

Les situations sont parfois très complexes sous l’angle juridique, selon l’OSE, par exemple lorsqu’un Suisse vit à l’étranger et hérite d’une maison à laquelle est associée une hypothèque. L’introduction le premier janvier dernier de l’échange automatique de renseignements (EAR) accroît les procédures. Les banques doivent procéder à encore davantage de contrôles que par le passé. Ce qui explique l’augmentation des frais de certaines banques en ce début 2017.

Signaler sa situation à sa banque

Le candidat au départ doit éviter de ne signaler son changement à sa banque qu’après son départ. Il court le risque de fermeture immédiate de son compte. «Nous conseillons toujours à un candidat au départ à le déclarer au fisc et à sa banque», explique Sarah Mastantuoni, codirectrice et responsable du service juridique de l’OSE. La banque propose alors soit de mettre un terme à la relation avec son client, soit de la conserver, mais de payer les frais prévus pour cette nouvelle situation, en fonction du pays. «En vertu de la liberté de contracter, chaque banque dispose de sa propre liste de pays à risque», ajoute la responsable. La Banque Migros distingue entre un domicile aux Etats-Unis, dans l’UE et dans le reste du monde, d’autres n’acceptent que les pays limitrophes. La Confédération ne s’immisce donc pas dans les choix des banques, ni l’Association Suisse des Banquiers dans celles de ses membres.

Pour l’assurance maladie, difficile de trouver une solution bon marché

Dans le choix de l’assurance maladie il n’est pas non plus aisé de trouver une solution bon marché. Il n’y a d’ailleurs pas de comparatif des primes car les situations sont fonction du profil individuel. Si quelques acteurs suisses offrent des solutions, à l’image de KPT et CSS, il ressort que les offres d’acteurs internationaux sont habituellement meilleur marché. L’expat suisse peut faire aussi appel à la coopérative Soliswiss, à but non lucratif. Ce courtier, fondé en 1956 pour aider les Suisses de l’étranger en situation de crise (enlèvement, chantage, mesure coercitive politique ou étatique, guerre civile), offre également ses services de conseil financier. Richard Voegeli, son directeur, constate deux types de problèmes ces derniers mois.

D’une part, les Suisses qui partent par exemple en Thaïlande ou en Espagne, par exemple pour leur retraite, sont souvent en bonne santé, dans la cinquantaine. Mais ils ne sont pas conscients des problèmes d’assurance. A 65 ans, il est très difficile de trouver une société qui accepte de couvrir leurs risques de santé. En outre, si l’expat revient en Suisse, il arrive qu’il ne soit pas couvert s’il a un accident, par exemple en empruntant la voiture d’un ami. Enfin, Richard Voegeli constate que des expats suisses manquent parfois de signaler à leur banque qu’ils sont partis à l’étranger. Soliswiss propose des solutions, y compris des plans de retraite aux Etats-Unis.


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