A l’heure des taux d’intérêt zéro proposés pour les comptes d’épargne, on pourrait s’imaginer que clients passent au crible les tarifs bancaires de leur établissement. Il n’en est rien selon une étude publiée mardi par la société Moneyland.ch, un site spécialisé dans la comparaison des produits bancaires et d’assurance. En tout, le potentiel d’économie qui pourrait être réalisé dans le domaine des services bancaires, y compris les hypothèques, est estimé à quelque 6 milliards de francs par la société zurichoise.

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Ce montant correspond à la valeur théorique de ce que tous les clients des banques en Suisse pourraient économiser s’ils changeaient de prestataires et optaient pour ceux offrant les meilleures conditions.

Pour y parvenir, la société a passé en revue l’ensemble des services bancaires incluant à la fois les hypothèques, les comptes privés et d’épargne, les comptes de prévoyance, les cartes de crédit ainsi que le négoce en ligne. L’étude ne prend en revanche pas en compte les prestations liées à la gestion de fortune ou les crédits à la consommation.

Les prix des hypothèques n’ont pas suivi la courbe des taux

Les deux domaines qui présentent les plus grands potentiels d’économie sont les hypothèques et les comptes d’épargne avec respectivement 2,6 milliards et 1,4 milliard de francs. En ce qui concerne la première catégorie, Moneyland.ch observe que les taux hypothécaires n’ont pas suivi la tendance générale à la baisse des taux d’intérêt. «Alors que les taux proposés pour les comptes d’épargne sont tombés à leur plus bas niveau historique, les taux exigés pour les emprunts hypothécaires se situent, eux, à un niveau plus élevé que durant l’été 2016», illustrent les auteurs de l’étude.

Les écarts entre les prestataires sont toujours très marqués: «Les assurances gagnent du terrain dans l’environnement de taux actuels. Elles offrent des taux d’intérêt en moyenne meilleur marché que les banques», constate Felix Oeschger, analyste chez Moneyland.ch. En comparant mieux, un emprunteur détenant une hypothèque de 450 000 francs – le montant servant de base pour le calcul – pourrait économiser environ 1980 francs par année pour un emprunt fixe.

Des différences existent encore entre les comptes d’épargne

Le deuxième domaine qui présente le plus grand potentiel d’économie pour les clients, celui de l’épargne, surprend davantage, étant donné que la plupart de ces comptes ne proposent de toute façon pratiquement plus aucun intérêt à la clientèle (0,1% en moyenne). Ce montant s’explique d’une part, à cause des volumes important de l’épargne en Suisse qui avoisine les 300 milliards de francs. D’autre part, il existe encore des différences entre les offres proposées en matière de compte d’épargne. S’il en résulte une somme globale importante de plus de 1,4 milliard de francs, le potentiel d’économie par client est, lui, moins par client avec 240 francs, en partant de l’hypothèse d’une épargne de 35 000 francs par individu.

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En ce qui concerne les comptes privés, le potentiel d’économie est chiffré à 577 millions de francs pour la population âgée de plus 25 ans – ou 97 francs par individu. Moneyland.ch précise toutefois que les paquets bancaires, proposés désormais par un grand nombre de banques, n’ont pas été pris en compte dans l’étude.

Le potentiel d’économie apparaît aussi non négligeable pour les comptes de prévoyance individuelle liée (3a) constitués soit sous la forme de plan d’épargne (44 francs par compte en moyenne), soit à l’aide de titres (375 francs par client en moyenne). Le montant plus élevé pour les comptes de prévoyance incluant des titres s’explique par le fait que la somme moyenne déposée atteint plus de 31 000 francs en moyenne, contre 22 000 francs pour les simples comptes 3a.

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Enfin, les adeptes du trading en ligne pourraient aussi économiser 375 francs en moyenne par an, a calculé le site, en partant d’un montant en dépôt de près de 57 000 francs en moyenne.