Travail

Les Suisses travaillent à peine plus que les Français

Les Suisses sont de moins en moins assidus au travail, si l’on en croit une étude de l’institut conjoncturel KOF. Avec 1562 heures par an, ils travaillent un tiers de moins qu’en 1950 et à peine 90 heures de plus que les Français, soit un écart d’à peine 30 minutes par jour

L’image du Suisse assidu au travail est-elle un mythe en phase de destruction? Les Suisses ne travaillent que 1562 heures par an, selon une étude du Centre de recherches conjoncturelles KOF reprise par la NZZ am Sonntag. C’est un tiers de moins qu’en 1950 et à peine 90 heures de plus que les Français. Les Suisses ne travaillent que trente minutes de plus par jour que nos voisins, malgré la loi des 35 heures qui limite fortement leur temps de travail, selon le journal zurichois.

L’impact du temps partiel

La raison de ce resserrement entre la Suisse et la France tient au temps partiel. En Suisse, le travail temporaire représente 37% du total, soit le double de la France. Rudolf Minsch, chef économiste d’Economiesuisse, explique que «l’avantage décisif du système suisse tient au fait qu’une grande partie de la population dispose d’un emploi. En France, la rigidité du marché du travail exclut beaucoup de gens, notamment celles qui sont socialement les plus faibles».

Avec 1562 heures, la Suisse se situe en dessous de la Suède (1611), de l’Italie (1723), des Etats-Unis (1770) de la Corée du Sud (2113). Michael Siegenthaler, l’auteur de l’étude, rappelle qu’en 1950 les Suisses se satisfaisaient de deux semaines de vacances par an, contre 5,2 en moyenne aujourd’hui. Et la semaine de travail comptait normalement six jours. Seul un septième des employés avait congé le samedi.

Productivité multipliée par cinq

Les Suisses profitent de la baisse d’un temps de travail en augmentant leur productivité, selon Rudolf Minsch. Cette dernière a quintuplé depuis 1950 pour s’élever à 85 francs par jour. Cela signifie que pour le même temps de travail, la production est multipliée par cinq.

Le progrès exprimé par la hausse de la productivité permet aussi de profiter de la retraite. En 1950, seuls deux hommes sur trois parvenaient à la retraite, contre 90% aujourd’hui pour les hommes et 94% pour les femmes. L’espérance de vie à la retraite s’est accrue de 12 à 19 ans.

Les commentateurs ajoutent souvent que si le temps de travail diminue, le stress augmente. George Sheldon, professeur à l’université de Bâle, estime de son côté qu’«une grande partie de ce phénomène est causée par l’employé lui-même, par exemple à travers les heures passées sur les réseaux sociaux».

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