Sulzer veut racheter le britannique Bodycote, spécialiste du traitement des matériaux, pour 2,5 milliards de francs. L'offre - 41% au-dessus du cours de l'action avant le début des spéculations - est refusée par Bodycote.

La multinationale anglaise emploie 8000 personnes et a réalisé en 2006 un chiffre d'affaires de 558,6 millions de livres (1,3 milliard de francs) - près de la moitié de celui de Sulzer. Il a dégagé un bénéfice net de 35,1 millions de livres (83 millions de francs, +8,7%), tandis que le profit opérationnel diminuait de 3,6%.

Spécialisé dans le traitement de la chaleur, Bodycote propose entre autres des services de soudure au laser et de traitement de surface en atmosphère contrôlée. Il optimise les propriétés de moulages de métaux (titane, nickel, acier, aluminium) et teste à très haute température la résistance des produits finis. Ses clients se recrutent notamment dans l'aérospatiale (Boeing), l'automobile (GM), les télécommunications (Honeywell) ou l'énergie. Les analystes divergent sur la complémentarité de ces activités avec celles de Sulzer, qui vont des pompes à l'entretien de turbines en passant par les équipements de l'industrie chimique.

Le bilan très sain de Sulzer (cash-flow: +60%; retour sur capital investi: 24%; un milliard à disposition pour des achats) lui permet de lancer cette offre, qui pourrait devenir hostile.

Le paradoxe est que Sulzer elle-même est peut-être la cible des investisseurs autrichien Ronny Pecik et russe Viktor Vekselberg, via leur fonds Everest, qui détiendrait déjà entre 20 et 25% de la compagnie zurichoise (LT du 1.3.07).

L'offre de Sulzer «peut faire sens», dit Johannes Borner de Sal. Oppenheim. Il rappelle toutefois qu'en règle générale, il vaut mieux garder son cash pour acheter des sociétés au creux des cycles.