Traditionnellement, les ventes du groupe Sulzer sont meilleures au second semestre. C'est par cette remarque que les dirigeants de la multinationale suisse ont commenté les chiffres semestriels rendus publics lundi à Winterthour (ZH).

En ce qui concerne les six premiers mois 1998, c'est la baisse de 26,4% du bénéfice net à 53 millions de francs qui attire l'attention. Un recul que Fritz Fahrni, président de la direction de Sulzer, explique par la prise en compte d'amortissements extraordinaires et par la diminution du résultat financier. Une charge de 55 millions de francs a notamment été comptabilisée pour la vente d'une division non rentable dans le secteur du rail et l'intégration de l'entreprise italienne Nuovo Pignone, dont le rachat a été annoncé à mi-juillet.

Au niveau opérationnel, Sulzer se porte mieux, puisque le résultat d'exploitation ordinaire a progressé de 67% à 172 millions de francs par rapport au premier semestre 1997. Une bonne surprise car, selon l'agence financière Bloomberg, les analystes tablaient sur une progression limitée à 24%.

Le chiffre d'affaires est lui placé sous le signe de la stabilité avec une petite hausse de 3% à 2,715 milliards de francs pour le premier semestre. Le mois dernier, Sulzer avait annoncé un recul de 4,4% de ses entrées de commandes à 3,08 milliards.

Jusqu'à présent, le groupe technologique n'a pas souffert de la crise asiatique, et cela bien que ses ventes dans cette partie du monde représentent 16% de l'ensemble de son chiffre d'affaires. «Nous sommes surtout actifs en Inde et en Chine, deux pays relativement épargnés par les turbulences. En 1997, seuls 4% de nos produits étaient destinés au Sud-Est asiatique. Cette année, cette part est tombée à 2,8%, mais ce recul a été largement compensé par l'amélioration enregistrée sur les marchés américains et européens», analyse Fritz Fahrni. Quant à la Russie, actuellement dans la tourmente économique, elle ne constitue pas non plus un trop grand souci pour les dirigeants de Sulzer. «Nos ventes annuelles s'y chiffrent à quelque 50 millions de francs, ce qui est peu de chose par rapport à notre chiffre d'affaires annuel qui dépasse les 6 milliards», continue le président de la direction générale.

Sulzer Medica se recentre

Considérée par beaucoup comme la «perle du groupe», Sulzer Medica, la division active dans la technologie médicale et cotée sur le marché suisse, annonce des chiffres en progression. Ses ventes pour le premier semestre se sont améliorées de 15% à 808 millions de francs. Une hausse avant tout due au secteur «orthopédie» dans lequel a été intégrée l'entreprise américaine Spine-Tech rachetée l'année dernière pour 595 millions de dollars. Sulzer Medica a également dégagé un bénéfice net de 66 millions de francs, en hausse de 4% par rapport à la période correspondante de 1997.

Pour la fin de l'année, les dirigeants de Sulzer Medica entendent poursuivre leur recentrage sur les secteurs «orthopédie» et «implants cardiaques». Dans ce cadre, des désinvestissements dans le secteur «électrophysiologie» vont intervenir prochainement, ce qui devrait provoquer une hausse extraordinaire de son bénéfice net.

Evolutions contrastées

Les divisions industrielles ont pour leur part connu des évolutions contrastées. Sulzer Roteq (pompes et compresseurs) enregistre une progression de ses ventes de 9% à 672 millions. A périmètre de consolidation constant, le chiffre d'affaires de Sulzer Infra augmente de 4% (432 millions). Celui de Sulzer Rüti (machines à tisser) progresse de 2% à 322 millions. En revanche, les entrées de commandes chutent de 29%. Quant à la dernière division, Sulzer Winterthur, elle présente une baisse de 5% de ses ventes à 428 millions de francs.