La 5G progresse en Suisse. Malgré des moratoires cantonaux et communaux, malgré la résistance d’une partie de la population, les opérateurs poursuivent le déploiement de cette technologie qui permettra, entre autres, d’accéder à internet plus rapidement en déplacement. Ainsi, Sunrise a annoncé jeudi dernier qu’il comptait couvrir 90% de la population en 5G d’ici au troisième trimestre 2020. Mais attention, il s’agit d’une 5G de base, avec des débits inférieurs à ceux que permettra cette technologie dans les fréquences élevées.

L’opérateur de téléphonie mobile appelle cela la «5G basique». Sunrise va utiliser la gamme des fréquences de 700 MHz, soit des fréquences basses pour lesquelles il a acquis des licences début 2019. Ce type de 5G permet des débits maximum de 1 Gbit/s, soit environ le double, voire le quadruple de la 4G actuelle dans des conditions parfaites. La «véritable» 5G, que l’opérateur appelle «Highspeed» 5G, autorisera quant à elle des débits allant jusqu’à 2 Gbit/s sur la fréquence de 3,5 GHz.

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Sunrise optimiste

Comment Sunrise peut-il espérer un déploiement si rapide de la 5G? «Nous avons demandé des permis pour émetteurs utilisant la bande des 700 MHz en même temps que nous demandions des permis pour la 5G sur la fréquence de 3,5 GHz, détaille un porte-parole de l’opérateur. De plus, nous pensons, même si nous devons demander des permis aux autorités locales, pouvoir les obtenir dans des délais nécessaires.» Par contre, la situation sera tout autre pour le déploiement de la «véritable» 5G. Au vu des exigences de l’ordonnance sur les rayonnements non ionisants (ORNI), il faudra a priori plusieurs années, voire dizaines d’années, aux opérateurs pour couvrir l’entier de la population avec ces réseaux ultrarapides. Aujourd’hui, Sunrise affirme couvrir plus de 535 villes et villages avec sa «véritable» 5G.

Si l’opérateur n’a pas communiqué plus tôt sur sa «5G basique», c’est aussi parce qu’aucun téléphone n’était compatible avec ce réseau. Car les téléphones 5G vendus depuis plus d’un an ne sont compatibles qu’avec la «véritable 5G», et pas avec la «5G basique». Désormais, le modèle Galaxy S20 de Samsung est l’un des tout premiers à être compatible avec ces deux types de réseaux. A noter qu’il n’y a pas encore d’iPhone 5G.

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Swisscom, stratégie comparable

De son côté, Swisscom a opté pour une stratégie comparable. Après avoir, comme Sunrise, activé ses premières antennes 5G il y a un an, il lançait ce qu’il appelait, lui, la «5G wide» mi-décembre 2019. Ce type de 5G permet des débits d’environ 1 Gbit/s. Mais contrairement à Sunrise, qui dit devoir demander des autorisations pour déployer sa «5G basique», Swisscom affirmait qu’une simple mise à jour logicielle de ses antennes avait suffi pour couvrir ainsi 90% de la population. Quant à Salt, il doit activer ses premières antennes 5G d’ici à la fin du deuxième trimestre – et l’on ne sait pas encore avec quelle technologie exactement.


La 5G divise la Commission de la santé publique du National

Les effets de la 5G sur la santé divisent la Commission de la santé publique du National. Vendredi, elle a de justesse déposé une motion demandant que les mesures d’accompagnement relatives aux effets sur la santé soient mises en œuvre rapidement. Cela concerne le monitoring de l’exposition au rayonnement, la création d’un service de consultation de médecine environnementale et l’intensification de la recherche sur les effets de la téléphonie mobile sur la santé. Mais rien n’est joué. La motion a été acceptée par 11 voix contre 10 et 3 abstentions, indiquent vendredi les services du parlement. L’UDC et le PLR y sont opposés.

La commission rappelle que des incertitudes demeurent quant aux effets sur la santé. Le groupe de travail «Téléphonie mobile et rayonnement» n’a pas réussi à se mettre d’accord sur les éventuelles adaptations des valeurs limites de l’installation préventives en vigueur, ni sur le développement des réseaux de téléphonie mobile.

La moitié des membres du groupe présentaient un lien d’intérêt avec l’industrie des télécommunications et, en comparaison, seuls deux membres du corps médical représentaient un intérêt prépondérant de santé publique, critique la commission. (ATS)