Télécoms 

Sunrise lance une salve contre Freenet, qui bloque la reprise d'UPC

Sunrise, qui a publié jeudi des résultat trimestriels en hausse, contre-attaque contre Freenet, son actionnaire principal, qui avait annoncé la semaine passée son opposition à son projet de reprise d'UPC

Sunrise dégaine l'artillerie lourde à l'encontre de son actionnaire de référence Freenet, qui fort d'une participation de près d'un quart bloque le projet de reprise d'UPC. L'opérateur de télécommunication zurichois reproche notamment à son homologue allemand de ne poursuivre que ses propres intérêts à court terme et de vouloir se décharger sur lui d'un partie du lourd fardeau de sa dette.

Freenet a rejetté les reproches du conseil d'administration du numéro deux helvétique des télécommunications. Certes, l'opérateur allemand a accepté dans un premier temps le principe d'une reprise d'UPC par Sunrise, mais «lorsque le projet s'est concrétisé, nous avons clairement signifié que nous ne soutenions pas l'opération», a dit jeudi à AWP son patron, Christoph Vilanek.

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Dans un communiqué au vitriol diffusé jeudi, Sunrise accuse directement l'organe de surveillance de Freenet d'être en proie à un conflit d'intérêts. Fort de ce constat, le conseil d'administration de Sunrise a décidé d'exclure les représentants de Freenet des délibérations en cours autour du rapprochement avec le câblo-opérateur désormais diversifié.

L'organe de surveillance rappelle que le groupe allemand souhaite - de son propre aveu - vendre ses parts dans Sunrise afin de redresser sa propre situation financière, quand bien même les dividendes versé par l'opérateur helvétique représentent plus de 15% de son flux annuel de trésorerie disponible.

L'organe de surveillance dénonce de surcroît la proposition «inappropriée et illégale» de Freenet de conditionner son soutien à une reprise d'UPC Suisse à un rachat par Sunrise ou par Liberty Global d'une portion substantielle de sa participation, avec une prime sur le cours du titre.

Enquête interne

Une enquête interne a été lancée à l'encontre des représentants de Freenet au conseil pour déterminer si ceux-ci ont violé leurs devoirs fiduciaires, en matière de confidentialité notamment.

Sunrise recommande conséquemment à ses actionnaires minoritaires de considérer les proposition de Freenet «avec le scepticisme qui s'impose« et de tenir compte de l'attitude égoïste de cet actionnaire au moment de se prononcer sur l'acquisition d'UPC Suisse.

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Pour rappel, le plan de rachat, annoncé en début d'année, prévoit la reprise d'UPC Suisse - filiale à 100% de Liberty Global - par Sunrise pour 6,3 milliards de francs. Dans le cadre du financement de la transaction, Sunrise a prévu une augmentation de capital de 4,1 milliards, contre laquelle Freenet a manifesté sa vive opposition dès le début. Freenet s'est fendu en date du 16 août d'un plaidoyer public contre cette transaction, à moins que l'augmentation de capital ne dépasse pas le milliard de francs.

Bénéfice net en hausse 

Sunrise a poursuivi sa croissance au 2e trimestre. Malgré des revenus en baisse, l'opérateur zurichois, a dégagé un bénéfice net de 26 millions de francs, 6,7% de plus que douze mois auparavant.

Le numéro deux helvétique des télécommunications révise dans la foulée sa prévision de résultat opérationnel ajusté (Ebitda) pour l'ensemble de l'année. Sur la période sous revue, l'Ebitda ajusté s'est pour sa part hissé à 165 millions de francs, un bond de 10,3% au regard de la période correspondante de l'an dernier, indique jeudi l'opérateur établi à Zurich. Sans tenir compte des ajustements, l'excédent brut d'exploitation s'est monté à 157 millions, 6,6% de plus que douze mois auparavant.

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L'évolution s'est en revanche révélée moins favorable côté revenus, ceux-ci se tassant entre avril et fin juin de 1,7% à 455 millions de francs, quand bien même le nombre de clients a encore progressé. L'opérateur explique le recul à la baisse des ventes de téléphones mobiles ainsi que des produits de hubbing.

La dynamique des trimestres précédents en matière d'abonnements mobiles s'est poursuivie, Sunrise ayant gagné 40'300 clients au 2e trimestre, contre 30'300 un an auparavant. L'expansion reflète notamment l'acquisition de clientèle dans le domaine commercial tels que le TCS et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme).

Croissance pour internet aussi

En glissement annuel, le volume net de nouveaux clients dans le segment mobile a progressé de 9,5%, contre 9,0% au trimestre précédent. La base de clients mobile prépayé a diminué par rapport à l'année passée avec la migration continue des clients vers des abonnements. Le nombre d'abonnés Internet et TV a progressé respectivement de 9,4 % et de 14,8 % sur un an. Ces progressions substantielles ont été portées par les offres groupées et des promotions ciblées, entre autres.

A l'exception du bénéfice net, la performance s'est révélée inférieure aux attentes moyennes des analystes. Sondés par l'agence AWP, ces derniers avaient anticipé un résultat net de 21,8 millions de francs, un Ebitda ajusté de 157 millions et un chiffre d'affaires de 467 millions de francs.

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Evoquant la suite de l'exercice, Sunrise demeure optimiste. A la lumière de la bonne performance de la première moitié de l'année, l'entreprise, qui prévoit toujours un chiffre d'affaires annuel entre 1,86 et 1,9 milliard de francs, resserre cependant la fourchette de Ebitda ajusté, laquelle passe d'un montant entre 613 et 628 millions de francs à une somme de 618 à 628 millions.

Pour autant que ces objectifs se réalisent, Sunrise fait miroiter à ses actionnaires le versement au titre de l'exercice en cours d'un dividende compris entre 4,35 et 4,45 francs.

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