Télécoms

Pour Sunrise, un échec mais pas de regret

ÉDITORIAL. L’échec du rachat d’UPC n’est dramatique ni pour Sunrise, ni pour les consommateurs helvétiques. Mais il laisse un UPC très vulnérable

Olaf Swantee peut avoir la conscience tranquille. L’énergique directeur de Sunrise aura tout donné pour tenter d’acquérir UPC. Sunrise était même allé jusqu’à comparer, dans un document, les compétences de sa direction à celles des responsables de Freenet, opposant numéro un à ce rachat… Après des mois d’une bataille intense qui lui aura coûté beaucoup d’énergie et plus de 50 millions de francs, Sunrise doit aujourd’hui abandonner sa proie.

Un échec, mais pas de regret. Pour Sunrise, d’abord. L’opérateur est depuis plus de deux ans sur une dynamique extrêmement positive. Grâce à une politique tarifaire très agressive et des campagnes marketing efficaces, l’opérateur a gagné énormément de clients pour plusieurs services. Sunrise a même repris des parts de marché à Swisscom, un exploit. Aidé par des clients qui commencent à comparer les prix et qui deviennent un peu moins fidèles à l’opérateur historique, Sunrise va continuer à progresser.

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Certes, Sunrise ne possède pas de réseau fixe – UPC, avec son téléréseau, l’aurait aidé. Mais l’opérateur dirigé par Olaf Swantee semble satisfait de ses accords de location de lignes – que ce soit pour le cuivre ou la fibre optique – avec Swisscom et des services industriels de plusieurs villes. Et surtout, l’envie de Sunrise de faire jeu égal avec Swisscom sur la 5G est extrêmement prometteuse.

Pas de regret non plus pour les consommateurs. Car rien ne garantissait que l’absorption d’UPC aurait permis d’intensifier la concurrence avec Swisscom. L’opération allait donner naissance à un duopole sans doute tenté de gérer le marché.

Reste que le statu quo est loin d’être idéal concernant UPC. Le téléréseau est dans une spirale négative depuis des années, perdant non-stop des clients sur son marché de base, la télévision. UPC se retrouve bien seul, lâché par un propriétaire qui ne parvient pas à le vendre. Et pourtant, le réseau du câblo-opérateur, constitué en partie de fibre optique, est un bien précieux.

Espérons qu’UPC parvienne à lancer des offres plus agressives encore pour attirer de nouveaux clients. Voire trouver un nouveau partenaire – le propriétaire français de Salt ne semble hélas pas intéressé – pour concurrencer efficacement Sunrise et Swisscom.


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