Sunrise montre ses muscles. L’opérateur a présenté mardi à Zurich les résultats de tests autour de la 5G, la future norme de téléphonie mobile. Avec son partenaire chinois Huawei, qui gère son réseau mobile, Sunrise affirme avoir obtenu la connexion 5G la plus rapide de Suisse, à 3,28 Gbit/s. C’est pour l’heure de la théorie, puisque les réseaux 5G entreront en fonction autour de 2020. Olaf Swantee, directeur de Sunrise, explique sa stratégie.

Le Temps: Sunrise a pour la deuxième année consécutive le meilleur réseau mobile de Suisse, ex æquo avec Swisscom, selon les résultats du test Connect. Que vous apporte cette mention?

Olaf Swantee: C’est d’abord la reconnaissance d’un gros travail, avec notamment 1,3 milliard de francs investis dans nos réseaux sur ces cinq dernières années. Notre réseau est devenu de très haute qualité, grâce également à notre partenaire Huawei. Et cela nous permet d’accroître le nombre de nos clients. Sunrise veut continuer à avoir le meilleur réseau mobile de Suisse.

La croissance du nombre d'abonnés en téléphonie mobile a été de 7,2% sur un an au troisième trimestre. Vous faites nettement mieux que Salt et Swisscom…

Nous en sommes d’autant plus satisfaits que le taux de clients qui partent est devenu faible. Nous sommes parvenus à acquérir 27 000 abonnés lors du dernier trimestre, pour atteindre le nombre de 1,56 million. Et nous sommes l’un des cinq opérateurs au niveau européen à faire fonctionner l’Apple Watch uniquement en connexion cellulaire. Nous en sommes fiers.

Vous avez vendu en mai 2239 mâts d’antennes à une autre société, pour environ 450 millions de francs. Pourquoi cette décision?

Nous avons ainsi vendu des éléments passifs de notre réseau. Cela nous permet non seulement d’avoir les capacités d’investir sur des éléments actifs et sur la 5G, mais aussi de réduire notre endettement à 1,15 milliard de francs. Nos actionnaires suivent ce chiffre de près.

Vous estimez, comme vos concurrents, que la réglementation sur les ondes de téléphonie mobile (ORNI) est trop sévère…

Oui, elle est dix fois plus stricte que ce que préconise l’OMS. Il faut que les règles changent en Suisse, sinon nous aurons des problèmes énormes pour déployer la 5G. Nous sommes déjà à la limite dans certaines villes. Les règles doivent évoluer, c’est une nécessité absolue.

Swisscom veut attribuer les licences 5G début 2018. Qu’en pensez-vous?

Il n’y a pas d’urgence, car il faut d’abord que la 5G devienne une norme et que des terminaux soient compatibles. Nous pouvons attendre un peu. Et il faudra ensuite que le processus d’attribution des fréquences soit juste, pour éviter que les opérateurs paient trop et que cela limite leurs capacités d’investissement (ndlr: Sunrise est l’opérateur qui avait payé le plus en 2012 pour les licences 4G).

Estimez-vous que la 5G pourra remplacer les réseaux de fibre optique?

Dans certaines régions périphériques, pourquoi pas? Les débits seront à terme vraiment très importants. Nous avons signé des contrats à très long terme dans certaines villes, comme Zurich, pour louer de la fibre à nos partenaires, mais n’excluons pas, en périphérie, que la 5G remplace des réseaux fixes qui ne sont pas assez rapides.

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