C’est la même méga fusion sur le marché suisse des télécoms. Mais à l’envers. Mercredi matin, Sunrise a annoncé sa volonté de se vendre à Liberty Global, propriétaire en suisse du câblo-opérateur UPC. En 2019, le chasseur et la proie avaient les rôles inversés: Sunrise voulait alors s’emparer d’UPC, mais avait dû finalement renoncer à cause de l’opposition de plusieurs de ses actionnaires. Aujourd’hui, le groupe américain Liberty Global devra convaincre les actionnaires de Sunrise du bien-fondé de cette opération, qui valorise son acquisition à 6,8 milliards de francs. Ce qui semble a priori mieux engagé qu’en 2019.

Pour se donner les moyens d’amadouer les investisseurs, Liberty Global offre 110 francs par action de Sunrise, soit une prime de 32% par rapport au prix moyen du titre sur 60 jours. Mardi soir, l’action de Sunrise avait clôturé à 86,20 francs. Le prix de l’offre représente un retour sur investissement total pour les actionnaires d’environ 90% depuis l’entrée en bourse de Sunrise en 2015, affirme l’opérateur suisse.

Feu vert de Freenet

Elément sans doute déterminant, l’opérateur allemand Freenet, détenteur de 24% du capital de Sunrise, a donné son feu vert à cette opération. On se souvient qu’en 2019, Freenet avait été le principal opposant au rachat d’UPC. Cette fois, pour que l’opération réussisse, Liberty Global doit acquérir deux tiers des actions de Sunrise.

Le feu vert de la Commission de la Concurrence sera requis, mais cela ne semble être qu’une formalité: le projet de rachat d’UPC par Sunrise avait déjà obtenu sa bénédiction.

Lire aussi: Pour Sunrise, un échec mais pas de regret

Sur le plan stratégique, le projet de fusion est le même que le précédent. Il s’agit de créer un nouvel opérateur regroupant les forces des deux sociétés. UPC a l’avantage de posséder, comme Swisscom, son propre réseau fixe, en partie constitué de fibre optique. L’atout de Sunrise, c’est son réseau mobile, dont la qualité est régulièrement comparée à celle de Swisscom. Le but de la nouvelle entité est ainsi de concurrencer plus efficacement l’opérateur historique en possédant ces deux réseaux. «La combinaison entre Sunrise et UPC Suisse va créer le premier compétiteur fixe-mobile sur le marché suisse des télécommunications, avec l’échelle et l’infrastructure pour concurrencer Swisscom», a ainsi affirmé Thomas Meyer, président du conseil d’administration de Sunrise, dans un communiqué.

Un tiers du marché

Selon les estimations de Liberty Global, la nouvelle entité générera un chiffre d’affaires annuel de 3,1 milliards de francs, aura 2,1 millions d’abonnés en téléphonie mobile, 1,2 million de clients pour l’accès à Internet et 1,3 million de clients pour la télévision, soit une part d’environ 30% sur chacun de ces marchés.