Editorial

Sunrise-UPC: De l’utilité de la concurrence

Le consommateur suisse a bénéficié durant des années de la concurrence entre le réseau cuivré de Swisscom et le téléréseau d’UPC. Son rachat par Sunrise va tout changer

Ce 27 février 2019 fera date dans l’histoire suisse des télécoms. En annonçant tard dans la soirée le rachat d’UPC, Sunrise n’a pas seulement rayé de la carte un opérateur télécoms. Il a aussi mis fin à l’existence d’un acteur grâce auquel nous bénéficions aujourd’hui de connexions internet très rapides à des prix raisonnables. L’acquisition d’UPC par Sunrise porte ainsi un coup dur à la concurrence des infrastructures dans le pays, pilier capital de la Suisse numérique. Il ne s’agit pas de pleurer la disparition d’une entreprise. Mais plutôt de mesurer le degré de responsabilité qui pèse désormais sur les épaules des dirigeants de Sunrise.

Si les particuliers et les entreprises suisses bénéficient de connexions à internet si rapides en comparaison internationale, c’est en grande partie grâce à un duel, entre Cablecom (devenu UPC) et Swisscom. Il y avait d’un côté un câblo-opérateur en position de force sur le marché de la télévision. Et de l’autre Swisscom, détenant le monopole des appels sur le fixe. Ce match entre un téléréseau et un opérateur actif sur la paire de cuivre a débuté lorsque chacun d’eux a voulu entrer sur le marché de l’autre. Cablecom a voulu imiter Swisscom en proposant lui aussi l’accès à internet et l’opérateur historique a décidé de contre-attaquer en lançant, en 2006 déjà, Bluewin TV, devenu depuis Swisscom TV.