Un supermarché sans caisse et presque sans employé, avec des clients dont le smartphone détecte automatiquement les produits qu’ils emportent dans leur sac. Il y a une semaine, Amazon dévoilait ce magasin test futuriste à Seattle (Etat de Washington). Mardi, à Zumikon, dans la banlieue cossue de Zurich, Coop présentait à son tour son concept de supermarché du futur. Si le distributeur suisse présente plusieurs avancées technologiques, il veut surtout rassurer ses clients en misant sur des produits locaux.

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Cela faisait seize ans que Coop n’avait pas lancé de nouveau concept de supermarché. Et moderniser ses 856 points de vente actuels prendra environ… seize ans. Après le nouveau magasin de Zumikon, une quarantaine de supermarchés seront modernisés chaque année, dès 2017, dont environ 9 en Suisse romande l’année prochaine, à Lutry et à Sierre, par exemple. Coop se refuse à donner un montant de l’investissement total.

Plus aucune erreur

Que trouve-t-on dans le magasin de Zumikon? D’abord, des étiquettes électroniques sous chaque type de produit, où sont inscrits son nom, son origine et son prix. Il faut s’approcher très près pour constater que ce ne sont pas des étiquettes papier – l’illusion est réussie. Quel sera l’avantage pour le client? «Il sera certain de lire des informations à jour et ne comportant aucune erreur. Jusqu’à présent, l’impression manuelle d’étiquettes comportait toujours un très faible nombre d’erreurs», explique Roger Vogt, responsable de Coop pour la région zurichoise.

Mais l’avantage semble être surtout du côté du distributeur: plus aucune étiquette à imprimer, l’affichage électronique pouvant être actualisé, par les employés, via un simple lecteur portable. Coop assure qu’il maintiendra des prix unifiés dans toute la Suisse. Et qu’ils ne varieront pas, durant la journée, en fonction de la demande. Un fond jaune avertira le client que l’article est en promotion.

Caisses automatiques

L’autre innovation, plus discrète, se trouve près des caisses. A Zumikon se trouvent trois caisses traditionnelles et six caisses automatiques où le client scanne lui-même les articles. Roger Vogt l’assure, il y aura toujours des employés aux caisses. «Ils ne vont pas disparaître. Mais la demande pour le «self scan» est importante et nous allons proposer ce service dans un maximum de magasins».

Juste à côté des caisses se trouvent de grandes armoires fermées à clé, sur lesquelles s’affiche le mot «pick-up». C’est là que les clients pourront retirer les articles commandés en ligne, via coop@home, Coop Brico + Loisirs, Mondovino, Import Parfumerie ou Siroop. Interdiscount, qui appartient aussi à Coop, pourrait suivre. «La demande des clients de pouvoir retirer partout des articles commandés via Internet est de plus en plus grande», assure Roger Vogt. Il y a un an, Migros lançait un service identique, baptisé PickMUp.

Loin d’Amazon

Sinon, Coop diminuera la taille de ses frigos de 20 centimètres (pour faciliter la vie aux personnes de petite taille), affichera des slogans dans le dialecte alémanique de la région et voudra rendre ses magasins plus conviviaux, «comme des places de marché», affirme le distributeur. On est donc loin des innovations testées par Amazon. «Je ne crois pas que le consommateur suisse soit prêt pour de tels changements technologiques, estime Roger Vogt. Il aime échanger avec son boucher et je ne pense pas qu’il souhaite faire ses achats juste avec son smartphone». Le responsable ajoute que la possibilité de scanner ses produits en magasin via le téléphone et l’application Coop est pour l’heure très peu utilisée par les clients.


UBS, Swisscom et Credit Suisse travaillent sur un identifiant en ligne

Swisscom, UBS et Credit Suisse vont tenter de créer un identifiant unique pour les consommateurs suisses. Ce début de semaine, plusieurs médias alémaniques ont relaté les ambitions de ces trois entreprises. Le but est de créer un service qui permette aux Helvètes de se passer de mot de passe pour effectuer de nombreuses transactions. Un exemple cité est la conclusion d’un contrat de téléphonie mobile sans identifiant, car le client est déjà en relation avec l’une des deux banques.

Les trois entreprises suisses vont mener des tests avec la start-up lettonne Notakey, dès 2017. Le service pourrait ensuite démarrer en 2018. Il existe déjà un service comparable, Suisse ID, commercialisé notamment par La Poste. Suisse ID coûte 147 francs pour trois ans. Son utilisation demeure confidentielle.

A noter que Swisscom, UBS et Credit Suisse sont déjà réunis pour un autre projet: Twint, le service de paiement via smartphone, dont la nouvelle version doit être mise en service en avril 2017.