Sur une journée, une semaine, un mois ou une année, rien n’y fait, la courbe est toujours ascendante. Si Immoscout24 a invité une centaine de professionnels de l’immobilier, mardi à Genève, ce n’était pas pour rabâcher l’évidence. Ils savent déjà que les prix des maisons et des appartements en Suisse ne cessent d’augmenter.

En fait, si le site d’annonces en ligne les a conviés, c’est pour leur présenter «une première mondiale», comme l’ont répété les différents orateurs. En s’associant au Centre d’information et de formation immobilières (CIFI), le portail Immoscout24, propriété de Deutsche Telekom et de Ringier – actionnaire du Temps à hauteur de 46,23% –, a élaboré un indice des prix en temps réel qui repose sur les offres d’annonceurs privés et professionnels.

«Chaque nouvelle annonce est prise en compte dans les cinq minutes qui suivent», détaille Olivier Rihs, directeur de la maison mère Scout24 pour la Suisse. Progressivement, les annonces d’autres portails seront ajoutées à l’indice. Ces données externes seront intégrées avec une semaine de décalage.

La surchauffe en direct sur Internet, cela ne risque-t-il pas de rendre le marché encore plus nerveux qu’il ne l’est déjà? «Les professionnels connaissent le marché, et ils ont d’autres paramètres à prendre compte avant d’acheter ou de vendre», répond le directeur suisse. «L’objectif est de donner des signaux avant-coureurs. Cet outil s’utilise en complément des indices basés sur les transactions», poursuit-il.

La pertinence des références ­actuelles, comme les études de Wüest & Partner, du CIFI, de Credit Suisse, d’UBS ou même bientôt de l’Office fédéral de la statistique – à qui Berne demande d’étudier la faisabilité d’un indice officiel des prix –, n’est pas remise en cause. «Toutes ces données concernent le passé et ne sont fournies qu’à un rythme trimestriel, souligne toutefois Philippe Sormani, président du CIFI. Il peut s’en passer des choses, en quelques mois.»

Avec 56 000 des quelque 100 000 annonces immobilières publiées en Suisse, Immoscout24 se revendique numéro un dans le pays. Il s’estime légitime pour lancer cet indice «révolutionnaire», selon Olivier Rihs. Et l’ambition est clairement affichée: que celui-ci devienne un «outil de gestion et d’anticipation des risques», selon Philippe Sormani.

Depuis plusieurs années, Scout24 fournit le même type d’indice pour le marché automobile. Le site en a donc fait l’expérience: il y aura quelques offres farfelues, maladroites ou malhonnêtes, toutes susceptibles de fausser cet indice à court terme. Mais «toutes les nouvelles annonces sont contrôlées», assurent les concepteurs. Qu’en est-il des annonces abusives en termes de prix? «Au début, il y a quelques gros écarts entre certains prix affichés et la moyenne du marché. Mais après quelques mois, les offrants finissent par s’aligner. La transparence a du bon», conclut Olivier Rihs.

«Cet outil donne des signaux. Il s’utilise en complément d’un indice basé sur les prix des transactions»