Les patrons et cadres d'entreprises suisses de moyenne taille se rebiffent. Ils comblent à grands pas le retard salarial pris sur leurs homologues de plus grandes sociétés.

Plus concrètement, les émoluments à plusieurs millions ne sont plus l'exception. Les traitements moyens des dirigeants des 56 plus grandes sociétés ont ainsi augmenté de 15% pour s'inscrire à 2,3 millions en 2006, selon une enquête de la Handelszeitung. Sur les 56 entreprises comparées par l'étude, 31 font désormais partie du club des millionnaires, contre 27 en 2005. La plus forte progression est enregistrée chez Lonza, où la rémunération moyenne des dirigeants a triplé à 2,52 millions l'an dernier. Valora (1,13 million), SIG (1,12 million), Atel (1,1 million) et Clariant (1,06 million) ont également franchi le cap du million.

Des rémunérations déconnectées des ventes

Autre constat, les salaires sont de plus en plus déconnectés de la taille de l'entreprise. Un seul exemple suffit à démontrer cette surenchère: Valentin Chapero, patron de Phonak, affiche un salaire près de trois fois supérieur à son confrère chez Holcim, alors que le géant du ciment dégage un chiffre d'affaires 24 fois plus important et un bénéfice décuplé par rapport au spécialiste des appareils auditifs.

Un autre préjugé tombe également, celui de l'ampleur - vertement critiquée - des émoluments des patrons des valeurs vedettes de la bourse suisse. Par rapport au bénéfice généré par l'entreprise qu'ils dirigent, les rémunérations de Peter Brabeck, Walter Kielholz ou même Daniel Vasella n'ont rien à envier à des entreprises plus modestes.

Les actionnaires d'Adecco, de Kuoni, Schindler ou encore Phonak sont en droit de se demander pourquoi et sur quelles bases leurs dirigeants gagnent autant. Celui de Kuoni, entreprise qui ne figure de loin pas dans le classement des entreprises les plus rentables du pays, touche un salaire plus de dix fois supérieur à celui de Peter Brabeck, à l'aune du pourcentage de son salaire par rapport au bénéfice.