La crise financière mondiale a donné lieu, mardi à Berne, à un court débat économique au Conseil des Etats, en marge d'une motion demandant le renforcement de l'autorité de surveillance des marchés financiers (Finma).

«La Suisse, pays à faible population abritant deux géants bancaires, est dans une situation unique au monde, souligne le conseiller aux Etats socialiste Alain Berset. L'argent brassé par UBS représente cinq fois le produit intérieur brut du pays.» La Bâloise Anita Fetz ose une comparaison avec Swissair: «On pensait aussi que Swissair était trop grosse pour faire faillite. Dans le cas d'UBS, on peut plutôt dire qu'elle est trop grosse pour être sauvée par les pouvoirs publics.» La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, qui remplace Hans-Rudolf Merz hospitalisé, a tenté de calmer le jeu. «La crise des marchés financiers est sérieuse et aura des conséquences sur la croissance économique suisse. Mais ne tombons pas dans le populisme ou les mouvements de panique régulièrement associés aux crises! UBS et CS, qui ont de nombreuses relations avec les petites et moyennes entreprises suisses, font partie des banques les mieux capitalisées.» La conseillère fédérale rappelle que la BNS et la Commission fédérale des banques sont en étroit contact avec les établissements bancaires et informent le gouvernement. «Nous discutons de scenarii catastrophe, mais il n'y a rien de nouveau sous le soleil puisque les mesures possibles sont régulièrement discutées et améliorées depuis 2005.»

Revoir le système des bonus

La conseillère fédérale rappelle l'importance de l'amélioration, par les banques, des analyses de risque et de leur niveau de fonds propres. Elle demande aux instituts bancaires de réfléchir à un système de bonus qui renforce la responsabilité individuelle des collaborateurs. A propos de la crise aux Etats-Unis, Eveline Widmer-Schlumpf estime «ne pas pouvoir commenter le plan Paulson», en raison du manque de clarté de la situation.

Alain Berset suggère, en bloc, l'obligation de séparer les banques de gestion des banques d'investissement, l'augmentation des exigences de fonds propres, et l'introduction de contraintes limitant l'effet de levier des produits structurés.

Sa demande d'étude du renforcement des moyens d'investigation, financiers et en personnel de la Finma est rejetée par 23 voix contre 17. La conseillère fédérale a rappelé que son statut d'institut indépendant de droit public donne à la Finma les moyens de décider elle-même de son renforcement si nécessaire.