C'est un Paul Reutlinger relativement détendu qui a détaillé mardi devant la presse belge les résultats 1997 de Sabena, le transporteur aérien national dont Swissair détient 49,5% des actions. Les chiffres, connus depuis quelque temp déjà, sont les meilleurs que la compagnie belge présente depuis des lustres: un chiffre d'affaires de 72 milliards de francs belges (2,88 milliards de francs suisses) et un résultat d'exploitation positif de 309 millions de BEF pour la compagnie aérienne, et de 615 millions de BEF pour le groupe. Le spectre d'une revente par Swissair s'est-il définitivement éloigné? Le PDG répond.

Le Temps: Après le redressement de 1997, Sabena a-t-elle assuré sa survie?

Paul Reutlinger: Je ne dirais pas que nous sommes tirés d'affaire. Nous sommes sur la bonne voie, mais il est certain que 1998 est l'année de la vérité. En effet, nous devons convertir notre léger profit opérationnel de l'an dernier en un profit important cette année, afin d'atteindre une rentabilité des capitaux investis qui s'approche de celle de nos concurrents. Actuellement, elle se situe au-dessous de 5%, et nos objectifs, qui sont en accord avec ceux de notre actionnaire Swissair, visent 10 à 12%. Quant à notre chiffre d'affaires, j'escompte une progression de 20% cette année.

Cela passe-t-il, en sus de nouvelles économies, par des développements importants?

Oui, surtout sur notre offre long-courrier, dont la capacité va augmenter de 43% cette année. Nous ouvrons quatre destinations: New York-Newark une fois par jour (jusqu'ici, nous n'allions qu'à Kennedy Airport), Atlanta une fois par jour, Montréal quatre fois par semaine et Sao Paulo deux fois par semaine. Sur l'Europe, nous augmentons notre offre de 21%. Si nous maîtrisons nos coûts fixes, cela entraînera une forte baisse de nos coûts unitaires, et nous pourrons nous confronter au benchmark des meilleurs: British Airways, Lufthansa, mais aussi les «low-cost carriers» comme Virgin Express et RyanAir, qui gagnent sans cesse en importance.

Eu égard aux économies que vous devez encore réaliser, où en est le dossier de la délocalisation de vos pilotes en Suisse?

Ce dossier est toujours d'actualité. Nous négocions avec les gouvernements belge et suisse, et nous espérons beaucoup finaliser cette opération avant la fin de l'an. Cette délocalisation nous permettrait de gagner, en économisant sur le poids des charges sociales, entre 40 et 60 millions de francs suisses par an.