égalité

Susciter les ambitions féminines dès le plus jeune âge

Encourager les jeunes femmes à s’orienter vers des métiers réputés masculins. C’est l’un des objectifs menés conjointement par la HES-SO et l’EPFL grâce à des ateliers réservés aux jeunes filles

«Je suis convaincue que le talent est distribué de manière égale dans la société.» C’est ce qu’a affirmé Luciana Vaccaro lundi au cours d’un déjeuner-conférence orchestré par le Career Women’s Forum. La rectrice de la HES-SO était l’invitée d’honneur de l’événement, qui regroupait une cinquantaine de femmes au parcours professionnel émérite.

Elle se bat toujours contre l’idée selon laquelle les femmes ne pourraient exercer des métiers réputés masculins. Elle déplore d’ailleurs que «chez les ingénieurs, il y ait 10% de femmes. Je pense que l’on passe à côté de 40% de personnes qui ont quelque chose à apporter à la société.»

Atelier site web

Pour la physicienne, il s’agit d’une bataille qui se gagnera notamment dans les écoles. Dans ce but, la HES-SO et l’EPFL organisent conjointement des ateliers qui encouragent les jeunes filles à investir le domaine de l’informatique. Ainsi, l’année passée, 50 écolières de 9 à 12 ans ont pu créer leur propre site web ainsi qu’un projet de programmation graphique durant onze semaines de cours.

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Pour Luciana Vaccaro, il était important de toucher cette tranche d’âge mais aussi de «convaincre ces jeunes filles que ces métiers-là sont aussi pour elles». Ces ateliers intitulés «Internet & Code pour les filles» visent par ailleurs à stimuler la confiance en leurs capacités. «Beaucoup d’entre elles pensent qu’elles ne sont pas capables, quand elles voient qu’elles le sont, cela dégage des passions», constate la rectrice. Tout en insistant aussi sur la formation des enseignants de manière à les convaincre de l’importance de cette sensibilisation dès le plus jeune âge.

«Papa, je veux faire des chiffres»

L’actuelle rectrice de la HES-SO est également revenue sur son parcours personnel. Cette dernière s’est confiée sur son enfance et sur son attirance depuis son plus jeune âge pour les sciences. «A l’âge de 6 ans, je savais faire les divisions à deux chiffres mais j’ai appris à lire à l’âge de 9 ans. J’ai donc dit à mon père: «Papa, je veux faire des chiffres», plaisante Luciana Vaccaro.

Née à Genève, cette double-nationale suisse et italienne a grandi à Naples avec son père ingénieur, qui a contribué à la construction du CERN. Elle explique s’être socialisée dans un milieu particulièrement masculin: «J’aimais le foot, je connaissais toutes les équipes, même les réserves. Je pense que tout cela fait partie de la question des modèles, moi je me suis assimilée au genre masculin et je ne voyais pas pourquoi je ne pouvais pas vivre comme les hommes.»

Elle a également évoqué les modèles féminins qui l’ont influencée au cours de sa carrière, et notamment Samantha Cristoforetti, astronaute italienne qui «a eu un enfant entre deux missions, c’est bien la preuve que l’on ne doit pas forcément renoncer à sa vie de femme pour sa carrière». Aujourd’hui, mère de deux enfants, Luciana Vaccaro poursuivra son travail à la HES-SO, son mandat ayant été reconduit pour quatre ans en mai dernier.

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