La Suva, principal assureur accidents du pays, fait partie des gagnants de la crise du Covid-19. Grâce à la baisse des accidents, elle enregistre un bénéfice d’exploitation de 241 millions de francs en 2020 qui succède à un résultat de 57,5 millions l’année précédente. Les comptes 2020 sont «très positifs», a déclaré vendredi à la presse Felix Weber, président de la direction.

La pandémie s’est traduite par un excédent exceptionnel de 253 millions de francs, essentiellement grâce à la baisse des accidents, qui sera reversé aux assurés sous la forme d’une rente plus basse en 2022. Sans le Covid-19, le résultat d’exploitation serait de 17 millions de francs.

Le montant de la baisse de la prime sera fonction de la classe de risque. En moyenne, les reversements prévus atteindront 7,3% de la prime nette pour l’assurance accidents professionnels et 6,8% pour l’assurance accidents non professionnels. Compte tenu du reversement provenant de cet excédent exceptionnel ainsi que de celui des gains sur les placements, la baisse des primes atteindra 779 millions de francs, soit en moyenne 22% des primes nettes en 2022.

Baisse de 10% des accidents

L’entreprise de droit public, qui assure près de 2 millions d’actifs, a profité d’un recul de 10,8% des accidents professionnels, selon Felix Weber. Les branches d’activité ont été différemment affectées, par exemple, avec une baisse de 54% dans le transport aérien. Les accidents non professionnels ont reculé de 10,9%, en raison entre autres d’une baisse de 37% des accidents de football.

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Par contre, les frais de traitement par cas ont augmenté de 3,6% en moyenne et ceux des indemnités journalières de 6,3%. Cette diminution provient essentiellement d’une chute des cas bénins, liée à des absences de travail relativement courtes. A l’inverse, les accidents de vélo, avec des assurés âgés et des absences longues, ont augmenté de 20%.

Les nouvelles rentes invalidité ont diminué de 11% durant la pandémie, mais des examens médicaux ont peut-être été renvoyés. Une hausse pourrait intervenir en 2021.

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L’assureur s’est également vu confier par le Conseil fédéral des tâches de contrôle des mesures sanitaires dans les entreprises. Sur les 13 000 observations, 1% ont révélé de graves manquements, note Felix Weber.

Le rendement des placements s’est élevé à 5,3% durant l’année du Covid-19. La performance est en recul par rapport au cru exceptionnel de 2019 (9,3%). Ces gains permettent un reversement des produits excédentaires de 526 millions de francs en 2022. Ce montant correspond à 15% des primes nettes dans l’assurance contre les accidents professionnels et non professionnels.

Suppression de 170 emplois

La solidité du bilan s’est accrue durant la crise, puisque le taux de solvabilité est passé de 171 à 182%. Le patrimoine du groupe sert à couvrir les engagements pour 82 000 rentes et les frais de traitement et indemnités journalières futures.

La stratégie du groupe vise, d’une part, à intensifier la prévention afin de réduire les accidents du travail et les maladies professionnelles et, d’autre part, à intensifier la numérisation, selon la direction.

Un projet de personnalisation de la gestion des cas, appelé SmartCare, qui fait appel à l’intelligence artificielle, est en phase pilote et sera déployé d’ici à 2027. Les tâches répétitives seront gérées par un logiciel et les cas complexes par les experts de la Suva. Le programme se traduira par la suppression de 170 postes à plein temps en cinq ans. La direction déclare que «l’ajustement sera réalisé à l’aide des fluctuations naturelles» et que le nombre d’agences restera inchangé.

Enfin, l’assureur a décidé d’adapter ses structures, sans réduction d’effectifs ou du nombre d’agences.