Le Temps: Que voulez-vous modifier à votre gouvernance d'entreprise?

Franz Steinegger: A la suite d'une affaire immobilière, nous avons réalisé que la définition de nos organes, qui date de la première guerre, portait à confusion. Nous avons un conseil d'administration de 40 membres et une commission administrative de 8 membres. En réalité, ce que nous nommons conseil d'administration est une autorité de surveillance. Les fonctions prévues pour un conseil d'administration appartiennent à la commission. Pascal Couchepin a déclaré que la responsabilité des affaires devait appartenir à la Suva. Notre proposition consiste donc à nommer un conseil d'administration de 8 membres et un conseil de surveillance paritaire de 40 membres. Le choix de la direction et l'approbation de comptes ne figureraient plus parmi les tâches de la Confédération mais du conseil de surveillance. La Confédération n'aurait plus pour tâche que de nommer le conseil de surveillance et prendre uniquement connaissance des comptes.

En même temps le Département des finances propose une autre organisation, celle de La Poste, Swisscom et des CFF, avec un Conseil fédéral en tant qu'organe qui s'occupe de stratégie et un conseil d'administration pour la responsabilité opérationnelle. Nous sommes d'un autre avis. Nous sommes indépendants de la Confédération, laquelle ne nous octroie pas sa garantie.

- Qui définira les primes de la Suva?

- C'est le conseil de surveillance, composé de façon paritaire.

- Sur quoi porte votre combat aujourd'hui?

- Le combat porte sur la répartition des tâches, notamment la question des assurances complémentaires. La Suva ne peut pas offrir d'assurance complémentaire alors même que ses clients le voudraient. Ce n'est pas correct. Nous estimons que si le profit n'est pas adapté constamment, nous devrions pouvoir offrir des contrats d'assurance complémentaires. Nous sommes directement en conflit avec les assureurs privés. C'était un combat qui date de 1984 avec l'introduction du principe de pluralité des assureurs dans la LAA. Auparavant toute l'assurance obligatoire était couverte par la Suva. On a alors discriminé la Suva en disant que tout ce qui existe déjà reste à la Suva et ce qui est nouveau se répartit entre assureurs privés et caisses maladie. On a limité nos activités aux risques majeurs. L'assaillant n'est pas la Suva.