Le constructeur automobile japonais Suzuki a suspendu sine die sa production dans ses deux usines en Birmanie, après le coup d'Etat militaire survenu lundi dans le pays, a déclaré mardi à l'Agence France-Presse (AFP) un porte-parole du groupe.

«Nous avons arrêté nos opérations hier (lundi) après-midi. Pour l'heure nous surveillons l'évolution de la situation», a expliqué ce porte-parole, ajoutant qu'il était «difficile» pour l'instant de savoir quand l'activité locale du groupe pourrait redémarrer.

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Deux usines pour desservir le marché birman

Suzuki a deux usines automobiles en Birmanie, où il est implanté depuis la fin des années 1990, et le groupe avait annoncé l'an dernier un investissement de 12 milliards de yens (près de 100 millions d'euros) pour y construire un troisième site de production, qui était censé devenir opérationnel à partir de septembre de cette année.

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Les deux usines, qui emploient 400 personnes au total, desservent essentiellement le très petit marché birman sur lequel le groupe japonais domine les ventes automobiles.

Un état d'urgence pour un an

Plusieurs centaines d'autres entreprises japonaises sont implantées dans le pays, dans de nombreux secteurs. Le brasseur Kirin, par exemple, est régulièrement critiqué par des organisations de défense des droits de l'homme pour exploiter deux brasseries en Birmanie dans des coentreprises avec une holding contrôlée par l'armée du pays.

L'an dernier, un consortium d'entreprises japonaises (Sumitomo Corp., Marubeni et Mitsui & Co) avait par ailleurs décroché un contrat de construction et d'exploitation d'une importante centrale à gaz en Birmanie, projetant d'y investir environ 2 milliards de dollars.

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Le gouvernement japonais a exhorté lundi l'armée birmane à libérer Aung San Suu Kyi et à rétablir la démocratie, alors que les militaires ont arrêté les principaux responsables du gouvernement civil, dont elle est la cheffe de facto, et proclamé un état d'urgence pour un an.