Horlogerie

Swatch Group choisit Raynald Aeschlimann pour remplacer Stephen Urquhart à la tête d’Omega

Stephen Urquhart quitte ses fonctions presque un demi-siècle après son arrivée chez Omega, à l’aube de ses 70 ans. «Quand il me l’a demandé, j’ai respecté son souhait», explique Nick Hayek

Presque un demi-siècle après son arrivée, Stephen Urquhart s’en va. Âgé de 70 ans, le patron d’Omega quitte ses fonctions de président de la marque et de membre de la direction générale élargie de Swatch Group. Selon un communiqué publié mercredi, c’est le vice-président des ventes d’Omega Raynald Aeschlimann qui va le remplacer. A 45 ans, ce dernier prend ainsi la tête de la maison qui pèse le plus lourd dans le portefeuille du groupe horloger biennois – un quart des ventes totales, selon des estimations d’analystes.

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Pourquoi ce départ intervient-il aujourd’hui? «Stephen Urquhart a son anniversaire en mai. Je comprends qu’il ait saisi cette occasion de ses 70 ans pour marquer un changement. C’est très honorable de vouloir s’occuper de sa famille. Quand il me l’a demandé, j’ai respecté son souhait, étant donné que la succession à l’interne était bien en place», relève Nick Hayek.

Pour autant, le patron du groupe Swatch répète que l’âge n’est pas un critère prédominant au sein de ses équipes. «Nous ne jugeons pas quelqu’un sur son âge. Si au-delà de l’âge de la retraite, le chef d’une de nos marques est encore en forme et motivé, cela ne pose pas de problème qu’il reste en place», explique-t-il.

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Une seule infidélité

S’il n’a surpris personne, le départ de Stephen Urquhart est, en soi, un événement. Entré chez Omega en 1968, il était, avec François Thiébaud et Walter Von Känel, pilotes respectifs de Tissot et Longines, l’un des plus fidèles lieutenants de Nicolas Hayek père, décédé en 2010. Il a débuté sa carrière chez Omega en 1968, à l’âge de 22 ans, juste après la fin de ses études d’économie à l’Université de Neuchâtel. Au cours de sa carrière, Stephen Uruqhart n’aura fait qu’une seule, mais longue, infidélité au groupe biennois: entre 1974 et 1997 pour travailler chez Audemars Piguet au Brassus (VD).

A partir du mois de juin, le nouveau retraité demeurera étroitement lié au Swatch Group, indique le groupe horloger, puisqu’il reste notamment à disposition pour des «projets spéciaux et des mandats de consultant».

Interviewé dans la presse alémanique à son entrée en fonction en 1999, Stephen Urquhart déclarait que son but principal serait de faire qu’Omega «redevienne l’une des deux plus grandes marques de Suisse, mais je ne voudrais pas nommer la première.». Selon les estimations de la banque Vontobel, en 2014, Omega aurait réalisé des ventes de 2,15 milliards de francs contre 4,5 milliards pour sa rivale de toujours, Rolex. Cartier, du groupe Richemont, est en embuscade en troisième position avec des ventes estimées à 2,04 milliards. Ce top 3 est vraisemblablement resté le même en 2015.

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Swatch Group a préparé le terrain

Au sein du groupe, certains considèrent depuis un certain temps déjà que Stephen Urquhart avait surtout un rôle d’ambassadeur. Il faut dire que conduire Omega n’est pas chose facile. «La marge de manœuvre du patron d’une marque aussi importante pour Swatch Group est forcément limitée. La famille Hayek vous souffle en permanence dans la nuque», image Olivier Müller, ancien cadre d’Omega qui a travaillé durant plusieurs années avec Stephen Urquhart et Raynald Aeschlimann.

Mais cet exercice ne devrait pas poser de problème à Raynald Aeschlimann qui entretient de très bonnes relations avec la famille Hayek et jouit de son entière confiance, selon Olivier Müller. Depuis son entrée dans le groupe en 1996, «cet excellent connaisseur de la marque a dédié sa vie à devenir président d’Omega, explique-t-il. Il connaît la maison de la cave au grenier, des produits jusqu’aux derniers chiffres des rapports annuels.» Selon Olivier Müller, sa mission principale devrait rester la même que celle de 1999, avec Rolex en directe ligne de mire.

De nationalité suisse, titulaire d’une licence en sciences économiques et d’un MBA de l’Université de St-Gall, Raynald Aeschlimann a rejoint Omega en 1996, après avoir œuvré chez Longines. Avant d’entrer dans le monde horloger, il a travaillé, entre 1992 et 1996, chez Complementa à Saint-Gall, une société de conseil financier pour les investisseurs institutionnels. Depuis 2010, le futur nouveau patron d’Omega est par ailleurs responsable de la filiale indienne de Swatch Group

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