Les résultats semestriels du Swatch Group vont de pair avec la tenue générale du marché horloger mondial: en progression. Si les exportations horlogères suisses ont crû de 17% au cours du premier semestre de l'année en cours (à hauteur de 4,72 milliards de francs), le groupe horloger a réalisé durant la même période un chiffre d'affaires brut de 1,977 milliard (+22,3% par rapport au premier semestre 1999). Le résultat d'exploitation a de son côté augmenté de 77,1% pour atteindre les 310 millions de francs, alors que le résultat net consolidé s'est élevé à 300 mios de francs (+115,8%).

Ainsi que se plaît à le mentionner le communiqué officiel du Swatch Group diffusé hier, «l'ensemble des secteurs du groupe sont concernés», avec un focus particulier sur «les montres de luxe et les systèmes électroniques». En volume, le nombre d'unités écoulées sur les marchés a crû de 17,6% à hauteur de 50,9 mios de pièces. Sur ce point toutefois, il convient de relever que les données disponibles concernent l'ensemble de la production (montres, moteurs pas à pas, mouvements). La ventilation par types respectifs de produits, et particulièrement dans le domaine des montres terminées, demeure inconnue. Dans le segment de la montre finie, le Swatch Group a réalisé durant le premier semestre un chiffre d'affaires brut de 1436 milliards de francs, en hausse de 20,5%. Pour rappel, le chiffre d'affaires 1999 (montres terminées) du Swatch Group s'était élevé à 2,729 milliards de francs.

Forte demande des marchés

Sur le front des marques, le communiqué remarque notamment que Breguet, Blancpain et Omega ont enregistré une croissance supérieure à la moyenne. Dans ce domaine, celui des marques de luxe et de prestige, «la capacité de livraison aura été plus importante que la capacité d'absorption des marchés». On peut comprendre par là que les canaux de distribution ont été à tout le moins très largement abreuvés, sur le registre du sell-in. Mais il est également vrai que la demande des marchés, globalement, est actuellement forte pour l'ensemble des acteurs majeurs de l'horlogerie. Dans le segment dit du «luxe» et de la montre joaillerie, l'intronisation prochaine de Léon Hatot aux côtés des 3 marques susmentionnées devrait concrétiser les contours d'un pôle interne ciblé cohérent et susceptible de conférer du corps à la définition que donne le groupe à cette appellation.

Les bons résultats diffusés hier tombent peu après l'annonce faite récemment par Nicolas Hayek d'un programme d'investissement de 2 milliards au cours de prochaines années. Rendu fort à propos public voici un mois au moment même où les Manufactures horlogères (Jaeger-LeCoultre/ IWC/Lange & Söhne) échappaient définitivement au Swatch Group, ce joker est aujourd'hui resservi: l'entité va se concentrer sur plusieurs axes. L'outil de production sera ainsi amélioré et modernisé à un horizon de deux à quatre ans, sans pour autant préciser si ce programme portera sur les sites suisses aussi bien qu'étrangers, existants et/ou à venir. Le secteur des mouvements mécaniques (Piguet et Nouvelle Lemania) en bénéficiera, de même que la capacité de production de spiraux sera accrue. Sous un angle plus commercial, le système de distribution du groupe bénéficiera lui aussi des retombées annoncées: la tendance va dans le sens d'une intégration accrue et optimisée permettant de dégager de meilleures marges tout en disposant d'une flexibilité de manœuvre accrue dans les concepts de diffusion des produits, en voie de mutation rapide. Le renforcement de la logistique et de la distribution s'inscrit dans cette mouvance.

Au chapitre des acquisitions relatives à l'horlogerie, le groupe paraît se concentrer sur les cibles potentielles présentant encore quelque intérêt dans la maîtrise de la production de composants, habillage notamment. En dehors de la montre, les axes stratégiques de développement focalisent les priorités sur les systèmes microélectroniques, un domaine d'activité dans lequel le Swatch Group excelle.