Swatch Group voit son fonctionnement perturbé par une cyberattaque. Le géant horloger biennois a confirmé mardi avoir été pris pour cible par des pirates pendant le week-end. Ces derniers se sont infiltrés dans les serveurs de l’entreprise, qui s’est vue contrainte d’arrêter préventivement une partie de ses systèmes informatiques.

Cela a également eu pour conséquence de fortement ralentir les activités de la manufacture Omega, basée à Bienne. Selon AWP, qui évoque des sources internes, la marque serait en grande partie à l’arrêt et nombre de ses employés priés de rester à la maison. Contacté, le géant horloger ne fait aucun commentaire à ce propos.

A l’heure actuelle, le groupe dit ne pas avoir d’informations concernant l’origine de cette attaque. Une plainte a d’ailleurs été déposée contre inconnu. «Ce que nous savons en revanche, c’est que le point d’entrée est un ordinateur situé dans l’un de nos bureaux aux Etats-Unis», indique au Temps un porte-parole. Il précise que cela ne signifie pas pour autant que l’opération a été menée depuis le territoire américain.

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Situation sous contrôle

Les importants dispositifs d’alerte mis en place par le conglomérat horloger ont a priori permis de limiter les dégâts. Pour des raisons de sécurité, aucun détail supplémentaire n’est donné concernant les mesures prises pour endiguer l’attaque. Le porte-parole indique cependant que «pour le moment, tout semble sous contrôle. Mais comme toujours dans ce type de situations, nous devons mener des recherches approfondies pour nous assurer qu’il n’existe plus de traces de logiciel dormant.»

Le groupe ne précise pas non plus s’il a été victime d’un rançongiciel. Ces programmes régulièrement utilisés par des pirates informatiques encryptent des données dans le but de paralyser des entreprises. Leurs auteurs réclament ensuite une rançon en échange d’une clé de décryptage qui permet de reprendre le contrôle des systèmes touchés. Dans le cas présent, aucune demande ou revendication n’a été formulée.

Swatch Group reconnaît que les pirates «n’ont peut-être pas eu le temps de mener leur attaque jusqu’à son terme». Les travaux en cours devront aussi permettre de déterminer si des données ont été consultées, copiées ou volées. Si cela devait être le cas, il ne s’agira pas de données personnelles, affirme l’entreprise biennoise. Comment en être certain? «Ce sont nos spécialistes informatiques qui nous le garantissent», répond l’entreprise.

Le retour à la normale, que Swatch Group espère «aussi rapide que possible», pourrait prendre plusieurs jours. S’il confirme être «la cible d’attaques très régulières», le conglomérat concède n’avoir jamais été confronté à une telle situation, dont l’ampleur est qualifiée «d’un peu plus importante» qu’à l’accoutumée. Et de préciser qu’aucune mesure de sécurité ne permet d’être «totalement infaillible».

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