Assurance

Swiss Life croit plus que jamais à l’immobilier

L’assureur vie arrive au terme de son plan de trois ans. La transformation du groupe a été profonde avec une forte percée dans la gestion de fonds, notamment l’immobilier, et dans l’assurance complète, après le départ d’Axa

La fin du plan de trois ans de Swiss Life incite à dresser un bilan. Le groupe, qui annonce un bénéfice net de 1,08 milliard de francs en 2018 (+7%) a dépassé tous ses objectifs, indique à la presse Patrick Frost, président de la direction, lors d’une conférence à Zurich.

La mutation du groupe s’est surtout «traduite par une nette augmentation de la qualité du bénéfice», avance-t-il. Le directeur fait référence à la montée en force du groupe dans les affaires de commissions et de gestion d’actifs. En la matière, le résultat atteint 488 millions de francs en 2018 alors que le but à trois ans était de 400 à 450 millions de francs.

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Progressivement, l’assureur vie est devenu un gérant d’actifs. Sa division d’asset management gère 232,6 milliards de francs. La tendance est limpide. Les actifs gérés pour d’autres clients que ceux de l’assurance se sont accrus de 16% l’an dernier (à 71 milliards) alors que ceux des clients d’assurance sont restés stables (198 milliards).

20% du portefeuille en immobilier

La performance de gestion est au rendez-vous. Tandis que le rendement s’est révélé négatif en 2018 pour toutes les catégories de placements, Swiss Life a présenté une performance nette de 0,5% sur les actifs placés à son bilan (3,1% en 2017). La raison est à chercher dans l’immobilier.

Le premier investisseur immobilier du pays est plus convaincu que jamais des mérites de la pierre. «L’immobilier n’est guère adapté aux banques dans la mesure où c’est un investissement non liquide. En revanche ses caractéristiques répondent parfaitement aux besoins d’un assureur vie», argumente Patrick Frost. L’horizon à long terme de cette catégorie de placement correspond à celui des clients de Swiss Life.

Les perspectives de rendement convainquent aussi l’assureur. «L’immobilier est très attractif dans un contexte de taux bas et de volatilité des actions», ajoute Patrick Frost. Personne n’est donc surpris si 19,8% des placements du groupe sont constitués d’immeubles (18% en 2017) contre 13,8% en 2014.

L’effet Axa pour 2019

La mutation s’est accompagnée d’un renforcement de sa rentabilité sur son métier de base. La sortie d’Axa de l’assurance complète, qui offre une protection y compris sur le risque des placements, amènera 3 milliards de francs de recettes de primes supplémentaires à Swiss Life en 2019, a-t-on appris lors de la présentation. Cela amènera la part de marché du groupe de Patrick Frost à plus de 45% dans l’assurance complète. Elle n’était encore que de 32% il y a dix ans, selon un expert.

En bourse, la mutation est appréciée des investisseurs. Swiss Life est le titre du SMI qui a présenté la meilleure performance en 2018 avec un gain de 10% et la hausse se monte à 13% jusqu’ici en 2019.

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