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RETRAITES

Swiss Life introduit des taux d'assurance différenciés pour les risques du 2e pilier

L'écart des tarifs pourrait atteindre 45%, selon Paul Müller, patron du marché suisse pour Swiss Life

Paul Müller, CEO de Swiss Life Suisse, répond aux questions du Temps.

Le Temps: L'incertitude demeure. Est-ce que tout le monde recevra les rentes promises?

Paul Müller: La certitude est un sentiment. Personne ne peut dicter un sentiment. Si les gens sont désécurisés, cela signifie que la communication n'est pas bonne. La sécurité doit être totale sur le fait que les habitants de ce pays recevront tous leur rente. Une population qui vit dans l'incertitude de savoir si elle touchera sa retraite ne peut pas être motivée.

Mais la situation diffère entre les trois piliers. L'AVS, thème très politique, est sûre. En revanche, son financement n'est pas assuré. Il coûtera de plus en plus cher de maintenir le niveau actuel des retraites.

Le deuxième pilier est, quant à lui, l'affaire des partenaires sociaux. L'incertitude vient de l'introduction par la politique d'une vaste discussion de ses paramètres. Les autorités n'ont pas voulu prendre la bonne décision en une seule fois. Lors de la première révision de la LPP, on a décidé d'un taux de conversion qui descendrait trop lentement. On savait que ce serait insuffisant. On n'a pas voulu écouter. La deuxième proposition se rapproche enfin des réalités. Le devoir de la politique est double: assurer le paiement des retraites et empêcher l'insolvabilité d'institutions de prévoyance.

– Les espérances de vie se rallongent, mais les marchés financiers s'apprécient depuis trois ans. Est-ce que l'assuré en profite?

– Les revenus tirés des placements augmentent si les marchés financiers sont favorables. C'est un aspect crucial du financement de la prévoyance. Avec des taux d'intérêt élevés, la part que nous recevons du produit des placements représente au moins autant que la part que les assurés paient eux-mêmes. Depuis cinq ans, les taux sont modestes. La hausse de 30% des actions est réjouissante du point de vue du rendement, mais ce n'est pas le seul critère. Car nous garantissons toutes les prestations à tout moment et à 100%. C'est pourquoi une petite proportion de la prévoyance est investie en actions. Je suis d'avis qu'on ne devrait pas spéculer avec les fonds de prévoyance. Si le gérant d'une caisse a une part en actions élevée, il doit disposer de fonds propres ou de réserves de fluctuation suffisantes. Mais s'il a beaucoup d'actions et si la fortune plonge à la suite d'une baisse, il n'a pas le droit de faire subir ces risques aux assurés.

– Partagez-vous l'idée d'une baisse rapide du taux de conversion sous les 6%?

– Oui, mais elle dépend de l'horizon temps. La proposition du Conseil fédéral, avec 6,4%, va dans le bon sens. Si ce taux est réexaminé périodiquement et si l'on prépare ainsi le prochain pas, nous n'aurons pas d'objections majeures. Cette démarche est préférable à celle qu'a prise le parlement en 2003. Toutefois dans 20 ans, les 6,4% ne seront pas suffisants. La question ne devrait pas être abordée une fois par génération, mais tous les cinq ans.

– Swiss Life est leader du marché, mais vous voulez mieux sélectionner vos risques. Comment est-ce possible?

– Nous voulons être numéro un en Suisse et nous profiler comme celui qui est capable d'assurer des garanties. La sélection des risques est un élément central. Nous avons une part de marché supérieure à 20%. Nous pouvons filtrer le marché et savoir quel profil de risque demande des primes supérieures. Jusqu'ici nous n'avons pratiquement pas effectué de différences. Les entreprises au profil de risque très favorable paient des tarifs trop élevés. Nous introduirons un nouveau concept de tarification, avec une meilleure différenciation. Mais avec modération. Deuxièmement nous améliorons la prévention des sinistres. Nous avons développé un instrument afin de mieux cerner les absences à long terme et réduire les cas d'invalidité à l'aide d'un meilleur accompagnement des personnes touchées. Les premiers résultants sont très encourageants.

– Quel serait l'écart entre les tarifs?

– L'écart avec la moyenne pourrait atteindre 45% pour la partie du risque. Des concurrents ont déjà adopté pareille approche et sont plus agressifs que nous.

– Est-ce que vos efforts de tarification différenciée vous conduiront à vous concentrer uniquement sur le secteur des services, les grandes entreprises ou la Suisse alémanique?

– Nous sommes trop grands pour abandonner certaines branches. En outre, nous n'observons pas de différences de risques entre Suisse romande et alémanique, ni entre PME et grandes entreprises.

– Swiss Life est la seule assurance vie qui n'a pas réduit les excédents sur les rentes courantes. Ce

geste est-il sur le budget de marketing?

– Il n'est pas bon de couper dans les retraites en cours. Je suis d'avis que le financement d'une rente doit être assuré et qu'il faut éviter que le client ne craigne une diminution.

La question des excédents concerne le troisième pilier. Les gens qui ont signé des contrats avec Swiss Life et reçoivent maintenant une rente doivent la conserver. Juridiquement nous pourrions la réduire. Nous sommes les seuls assureurs à ne pas le faire. Aussi longtemps que nos résultats le permettent, nous appliquerons ce principe. Mais nous étudions la question annuellement.

– Quelle est la réaction du marché et du personnel à l'intégration de La Suisse?

– C'était un projet considérable que nous avons annoncé en février 2005. Tout s'est bien passé. Très peu de résiliations de contrats. En assurance collective, la réaction est très bonne parce que la documentation que nous offrons est un modèle. Du côté du personnel, nous avons pu placer beaucoup d'employés, soit à La Vaudoise, soit chez Helsana. A Lausanne, sur 150 employés, 100 à 120 resteront chez nous, les autres devront changer d'employeur. Nous n'avons procédé à aucun licenciement.

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