George Quinn, directeur financier de Swiss Re, a présenté jeudi à la presse des résultats si convaincants que l’action a rapidement gagné 6% en bourse. Le groupe, dont S&P vient de revoir à la hausse la notation à AA-, double son bénéfice net à 1,3 milliard de dollars (+133%). Les analystes financiers s’attendaient en moyenne à un bénéfice net de 538 millions de dollars. Des trois divisions du groupe, seule la réassurance non-vie est meilleure que prévu.

Le rendement des fonds propres grimpe à plus de 20% au troisième trimestre. Ce niveau de ­rendement dépasse largement l’objectif à long terme, lequel se situe à 8%.

L’amélioration du deuxième groupe de réassurance mondial est le fruit à la fois d’éléments extraordinaires et des affaires opérationnelles. Dans le secteur non-vie, les recettes de primes augmentent de 18% en dollars et de 13%, à taux de change constant, sous l’effet de la demande asiatique et particulièrement chinoise. Ce solide rythme de croissance s’explique aussi par de beaux succès lors des renouvellements d’affaires. Le taux de croissance sous-jacent est estimé à 24% par Swiss Re.

Le ratio combiné s’élève à 80,8% (+4,4%). Plus il est inférieur à 100% et plus le bénéfice d’assurance augmente. Les analystes craignaient une plus forte détérioration de ce ratio. Or l’impact des catastrophes naturelles se limite à seulement 11,4%, soit un quart de moins que prévu. En outre, le développement des réserves pour les sinistres est également très favorable.

Les inondations qui frappent actuellement la Thaïlande devraient pénaliser l’entreprise, mais Swiss Re ne peut pas encore fournir une indication sur le coût. Il s’agit surtout d’un risque lié à des interruptions de production au sein des industriels locaux.

Si le bénéfice d’exploitation non-vie recule de 7,3% à 1 milliard de dollars, il s’accroît de 21,8% dans le secteur vie et de 2,3% dans la gestion d’actifs.

Swiss Re profite fortement de la baisse des taux d’intérêt et de ses effets sur ses placements obligataires. Les gains réalisés sur les obligations s’élèvent à 297 millions de dollars.

George Quinn a averti, à l’heure des questions, que le principal risque de placement se situait dans une hausse des taux. Ce risque obligataire se situe moins dans les pays d’Europe périphérique que les pays réputés plus solides. L’exposition est nulle sur la Grèce et quasi nulle sur l’Italie (3 millions), le Portugal (32 millions) et l’Espagne (34 millions). Elle est bien plus forte sur l’Allemagne (6,2 milliards) et la France (2,8 milliards). Le risque de hausse des taux serait toutefois «plus comptable qu’économique», a-t-il ajouté. L’exposition sur les banques est également maîtrisée (4 milliards, la moitié aux Etats-Unis, un tiers au Royaume-Uni).

Le groupe maintient ses objectifs à cinq ans qui comprennent une hausse du bénéfice de 10% par an et un rendement des fonds propres de 7% au-dessus du taux sans risque aux Etats-Unis (actuellement 1%).

L’exposition est nulle sur la Grèce et quasi nulle sur l’Italie et l’Espagne