Numéro deux mondial de la réassurance en termes de volumes de primes, «Swiss Re est bien placé pour tirer profit des conditions de marché favorables («hard market» en anglais) au-delà de 2004», a auguré, confiante, Ann Godbehere, la responsable des finances du groupe zurichois, lors d'une conférence téléphonique lundi. Lors de la dernière échéance de renouvellement des polices d'assurances non-vie (Dommages, RC et Accidents), les volumes de primes ont progressé de 7%, sur la base d'un portefeuille étoffé de 3% et d'une hausse des tarifs de 4%, selon le communiqué diffusé le matin même par Swiss Re. Plus des deux tiers (67% en l'occurrence) des contrats de réassurance traditionnels conclus avec les assureurs directs sont renouvelés en janvier.

La semaine dernière, le réassureur allemand Hannover Re (numéro quatre mondial) avait de son côté fait état d'une hausse tarifaire de 3% déjà bien accueille par les analystes. Et ces derniers attendent avec impatience les résultats de l'exercice 2003 qui doivent être communiqués ce mardi par le réassureur zurichois Converium (numéro dix mondial) et jeudi par Munich Re, leader mondial.

Premier semestre positif

Les spécialistes désignent par «hard market» cette capacité des assureurs ou réassureurs à augmenter les tarifs pour un même niveau de risque. Ce facteur est en général mesuré à taux de change constants et ne devrait pas être fortement influencé par l'évolution des changes, du moins au niveau du résultat final. Pour les réassureurs non-vie, le cycle favorable («hard market») a commencé en 2001 et s'est encore accentué après les attentats contre le World Trade Center (WTC). «Mais cette phase favorable devrait atteindre son point culminant en 2005», estime Javier Lodeiro, de la Banque Leu. L'action Swiss Re a bondi de 2,6% à 92,25 francs lundi. L'issue du procès relatif au WTC qui oppose Swiss Re au promoteur Larry Silverstein (LT du 10.2.2004) risque en outre d'influencer l'évolution du titre.

Swiss Re table par ailleurs pour 2004 sur un ratio combiné (dommages et coûts rapportés aux primes) de 97%, donc meilleur que celui enregistré au 1er semestre 2003 (99,8%). Cette évolution favorable découle d'une approche très sélective en matière de couverture des risques. La croissance de 7% de l'ensemble du portefeuille non-vie correspond à celle enregistrée en Europe. Un recul a toutefois été observé aux Etats-Unis dans les assurances de propriétés – où les conditions de marché deviennent moins favorables –, heureusement compensé par une forte croissance en Asie (+39%), mais aussi par des hausses tarifaires dans le secteur RC.

Quant à l'unité d'affaires Services Financiers de Swiss Re, celle-ci a enregistré une progression des affaires renouvelées de 8% au total. L'exercice 2002 s'était soldé pour l'unité par une lourde perte opérationnelle. Après deux exercices annuels déficitaires, Swiss Re a renoué avec les bénéfices au 1er semestre 2003 (691 millions de francs). Attendus le 25 mars prochain, les résultats de Swiss Re pour l'exercice 2003 dépendront aussi du redressement de la réassurance vie et santé, métier principal de Swiss Re.