Swiss Re a vu son bénéfice net se replier de 11% à 1,23 milliard de dollars (1,08 milliard de francs) au premier trimestre au regard de la même période un an plus tôt. Patrick Raaflaub, ancien directeur de la FINMA, rejoint la direction du réassureur zurichois en qualité de responsable du risque.

La période de comparaison en 2013 affichait des résultats exceptionnellement élevés, a souligné mercredi Swiss Re, numéro deux mondial du secteur. En outre, les affaires vie, en pleine mutation, ont été impactées par des pertes liées à des transactions de couverture de taux d’intérêt.

Les primes encaissées et produits des commissions se sont, en revanche, étoffées de 11% à 7,6 milliards de dollars. Une évolution à mettre sur le compte de la croissance organique et de l’expiration d’un contrat de réassurance en quote-part fin 2012, explique le réassureur.

Outre une robuste activité de souscription, le trimestre a connu un faible niveau de catastrophes naturelles, hormis une tempête de neige au Japon. Le directeur général du groupe, Michel Liès, se montre satisfait de la performance, relevant un nouveau trimestre «remarquable» pour l’assurance dommages.

Les chiffres sont supérieurs aux prévisions des analystes consultés par l’agence AWP, qui escomptaient un volume de primes encaissées de 7,2 milliards de dollars et un résultat net de 1 milliard. A la Bourse suisse, le titre Swiss Re oscillait autour de l’équilibre mercredi.

Nouveau responsable du risque

Swiss Re a par ailleurs annoncé la nomination de Patrick Raaflaub, l’ex-directeur de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), au poste de responsable du département risques (Group Chief Risk Officer). Patrick Raaflaub rejoindra à compter du 1er septembre la direction du groupe.

L’ancien haut fonctionnaire reprend le poste de David Cole, qui a succédé à George Quinn à la tête des finances. Patrick Raaflaub opère ainsi un retour auprès de la firme dans laquelle il était entré en 1994 et où il a fait carrière jusqu’à sa nomination à la FINMA en 2009.

Ratio combiné péjoré

Dans le détail des divisions, l’assurance dommages (Property & Casualty Reinsurance) a engrangé des primes en hausse de près de 8% à 3,8 milliards de dollars. Le segment a réalisé un bénéfice quasi stable (-0,6%) à 1 milliard. Son ratio combiné (rapport entre les sinistres et les frais d’une part, les primes d’autre part) s’est pour sa part péjoré sur douze mois de +9,1 points à 78,8%.

La division vie (Life & Health Reinsurance) a vu son profit net plonger de 77% à 51 millions de dollars, plombé par des pertes à hauteur de 100 millions, pour l’essentiel liées à des opérations de couverture de taux d’intérêt. Les primes encaissées ont, elles, crû de 15,5% à 2,7 milliards, portées par les nouvelles affaires en Asie et en Europe.

Le segment Corporate Solutions, qui propose des prestations d’assurance directe aux grands clients, a encaissé un volume de primes de 830 millions de dollars, un bond de 35%. Le bénéfice net s’est toutefois replié de plus de 20% à 80 millions, en raison d’une hausse des dommages d’origine humaine.

Quant à Admin Re, l’activité d’acquisition de portefeuilles fermés de polices d’assurance-vie et santé, son résultat net a dégringolé sur un an de plus d’un tiers à 48 millions de dollars. L’évolution des marchés des capitaux au Royaume-Uni lui a été défavorable, explique le groupe.

En bonne voie

Swiss Re est en bonne voie pour atteindre ses objectifs pour la période 2011-2015, et ce dans tous les segments, estime Michel Liès. En avril, le renouvellement des contrats, «à un niveau en déclin mais toujours attractif» s’est traduit par une augmentation de 14% en termes de volume.

Toutefois, les prix ont reculé d’environ 5% sur le marché global, a précisé le Luxembourgeois en conférence téléphonique. Et les prix devraient rester sous pression, surtout dans le segment catastrophes naturelles, a-t-il ajouté.