Swiss Re émet 100 millions de dollars (130 millions de francs) d'obligations de type «catastrophe» («cat bonds») en Australie. De la sorte, le réassureur zurichois se prémunit contre le risque de tremblements de terre et de cyclones tropicaux dans le pays. «Il s'agit de titrisation, un peu à l'image de ce que font les banques avec leurs portefeuilles immobiliers», explique un spécialiste obligataire. Bref, un transfert de risque.

Dans ce cadre, l'acheteur de l'obligation «catastrophe» se voit offrir un solide rendement pour acquérir une fraction du portefeuille de Swiss Re. L'émission sur l'Australie propose par exemple un rendement de 4% supérieur à celui du taux officiel du marché (Libor), sur une durée de trois ans. Mais l'investisseur est susceptible de perdre sa mise de départ en cas de coup dur, par exemple en cas de violent séisme dans l'Etat du Queensland.

Ces placements semblent intéressants. Les hedge funds, professionnels de l'investissement, en sont friands. «Citadel Investment Group a notamment engrangé beaucoup d'argent en souscrivant des «cat bonds», confie Alessandro Mauceri, directeur exécutif du gérant alternatif Capital Management Advisors à Genève. Malgré la survenance de nombreux séismes et ouragans ces dernières années, rares sont les exemples où l'investisseur a perdu sa mise de départ.» Des fonds de placement spécialisés les proposent également aux investisseurs privés.

Les emprunts «catastrophe» sont généralement classés dans les catégories «B» ou «BB» par les agences de notation. Ce sont donc des titres très spéculatifs.

Ces produits sont apparus au début des années qutre-vingt-dix. Ils sont montés en puissance dans la foulée du cyclone Andrew, qui avait provoqué pour près de 20 milliards de dégâts en Floride en 1992. Chez Swiss Re, l'encours global des «cat bonds» se monte à 17 milliards de dollars, dont environ 5,1 milliards dans le secteur non-vie et 11,8 milliards dans le secteur vie.