Swiss sera intégrée à l’alliance entre Lufthansa et Air China

Aviation La compagnie continuera d’assurer trois vols quotidiens vers la Chine

Depuis Genève, Air China commence à se rendre indispensable pour les milieux d’affaires

Lufthansa adapte ses priorités. En pleine réflexion sur l’avenir de son offre transatlantique – l’annulation de certaines commandes d’avions n’est pas exclue –, la compagnie allemande se rapproche de l’Asie, et particulièrement de la Chine.

Le groupe, propriétaire de Swiss, a annoncé lundi la conclusion d’un partenariat avec Air China, afin «d’améliorer sa compétitivité» sur le 2e marché mondial. Selon les termes de cet accord, officialisé durant la visite en Chine d’Angela Merkel, Air China et Lufthansa vont créer une coentreprise, partager les recettes de certaines liaisons et commercialiser des billets l’une pour l’autre. Le partenariat débutera en octobre, mais hier, les analystes voyaient déjà cette opération comme une réponse à la concurrence des compagnies du Moyen-Orient sur les vols à destination de l’Asie.

«Il est prévu d’intégrer Swiss et Austrian Airlines dans le cadre d’un partenariat étendu, indique un porte-parole de la compagnie aérienne suisse, filiale de Lufthansa. Le but n’est pas de concurrencer les routes déjà exploitées, mais d’offrir des avantages aux passagers, en proposant des capacités et des prix attrayants.» Swiss assure déjà trois vols quotidiens vers la Chine, depuis Zurich (Pékin, Shanghai et Hongkong). Elle est en concurrence avec la Chinoise Hainan Airlines.

Depuis Genève, en revanche, il n’y a qu’Air China sur ce créneau. Les services suisses de la compagnie n’étaient hier pas en mesure de nous préciser les éventuelles conséquences de la nouvelle alliance germano-chinoise sur sa ligne vers Pékin.

En tout cas, les milieux entrepreneuriaux romands «apprécient beaucoup le fait qu’elle soit directe», témoigne Philippe Meyer, membre de la direction de la Chambre genevoise de commerce et d’industrie (CCIG). L’Airbus A330 qui fait le voyage 4 fois par semaine a transporté plus de 53 000 passagers, a indiqué la compagnie en mai, lors du 1er anniversaire de la liaison. «Cette ligne entre dans les habitudes. La réticence initiale, liée au fait qu’Air China était peu connue, a complètement disparu. Il faudra néanmoins un certain temps avant que cette alternative ne devienne un réflexe», poursuit le responsable de la CCIG.

Alors que l’accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine vient d’entrer en vigueur, Air China compte sur une hausse des voyages d’affaires et du fret entre les deux villes. Dans L’Agefi , lundi, Fan Wang, la directrice générale pour la Suisse, révèle aussi avoir conclu un accord avec 14 agences de l’ONU, ainsi qu’avec le Comité international olympique (CIO). D’autres fédérations sportives et organisations internationales sont ciblées, indique-t-elle.

Si la trentaine de places en classe affaires est assez facilement écoulée, les 200 sièges à tarifs économiques le sont un peu moins, selon nos informations. L’enjeu, ce sont les programmes proposés par les tour-opérateurs. Le vol direct constitue en tout cas «clairement un atout, par rapport à d’autres villes concurrentes comme Zurich ou Berne», indique Kristelle Gentina, de Genève Tourisme. Avant, «Genève était une option ou une brève escale d’une journée. Aujourd’hui, c’est une ville de départ ou d’arrivée, cela garantit un certain nombre de nuitées supplémentaires».

Désormais, Air China promeut aussi la possibilité de rejoindre des destinations plus lointaines, en passant par Pékin. «Nous utiliserons cette ligne pour emmener une délégation au Japon en novembre. Les liaisons vers Osaka ou Tokyo sont excellentes», assure encore Philippe Meyer.

Le responsable de la CCIG ne voit qu’un seul défaut à cette offre: sa fréquence. «Un vol quotidien répondrait à beaucoup d’attentes», fait-il savoir. Dans L’Agefi , Fan Wang laisse entendre que ce n’est plus qu’une question de temps.

En Suisse, Air China a conclu un accord avec l’ONU, ainsi qu’avec le Comité international olympique