Pour Swiss Steel, dernier rescapé de la métallurgie suisse, l'exercice 1997 a été celui de la transformation. Regroupement d'usines, restructuration en trois centres de profit (sidérurgie, commerce et Etats-Unis), abandon de certaines activités, les dirigeants du groupe d'Emmenbrücke (LU) ont énuméré jeudi lors de la conférence de presse de bilan la longue liste des mesures prises pour tenter de redresser le cap.

D'un point de vue comptable, le résultat est plutôt encourageant. Le chiffre d'affaires a progressé de 27% pour atteindre 749 millions de francs. Et cela, alors que l'ancien groupe Von Moos s'est séparé de l'ensemble de ses activités annexes (10% de ses ventes en 1996). La perte opérationnelle a été réduite de plus de deux tiers à 18,9 millions. «Une performance meilleure que prévu, mais encore nettement insuffisante», a commenté le responsable des finances, Peter Kratz. Quant au produit financier des désinvestissements, il a également été supérieur aux attentes, ce qui permet à Swiss Steel de dégager un petit bénéfice net de 2 millions de francs. Le groupe emploie aujourd'hui 1793 personnes, soit 300 de moins qu'il y a douze mois. Un chiffre qui va probablement encore diminuer en 1998, car Swiss Steel cherche toujours à vendre sa filiale américaine.

Selon Robert Jeker, président du conseil d'administration, l'entreprise devrait retrouver les chiffres noirs au niveau opérationnel en 1998 déjà. Avec l'apport des produits financiers liés à l'immobilier, le bénéfice net pourrait se monter à 10 millions de francs. Pas question cependant de verser un dividende cette année. Robert Jeker compte plutôt sur la progression du titre à la Bourse pour rémunérer ses actionnaires. A noter encore que les banques, actionnaires majoritaires, ont réduit leur part de capital de 72,6%, au début 1996, à 62,9% en fin d'année.

P. O.