«Dans les fonds de placement, la bataille entre les promoteurs autour de la clientèle de détail se fera sur l'Information, avec un grand I…» A la tête de Swissca Gestion de fonds SA, la direction spécialisée des banques cantonales qui gère environ 26 milliards de francs dans ces outils et qui est la troisième du marché suisse, Serge Courtet est à la recherche du meilleur moyen de fidéliser la clientèle. Mais comment y arriver quand les investisseurs, de plus en plus éduqués et exigeants, réclament un service global qui contient aussi les fonds de placement de la concurrence? Comment les informer sur la richesse de la palette de fonds sans leur donner le sentiment qu'on leur impose une solution?

Celle-ci pourrait bien être le Swissca Fund Desk, un outil conceptuel qui sera lancé le 1er mars prochain en partenariat entre Swissca Gestion de Fonds SA et 23 autres directions de fonds suisses et étrangères. Entre le Fund Lab du CS Private Banking, qui permet aux investisseurs de se renseigner par Internet sur une large palette de produits tout en leur laissant la liberté de ne pas y rester accrochés, et les «boutiques» de fonds de placement comme BEVAG, FondCenter, BFW, JML ou VZ – toutes actives essentiellement en Suisse alémanique dans le conseil personnalisé aux investisseurs –, le Swissca Fund Desk sera une solution médiane.

«Sa valeur ajoutée est de permettre aux conseillers à la clientèle des banques cantonales de faire des recommandations aux clients sans que ces derniers aient le sentiment d'être vendus à une marque en particulier», souligne Serge Courtet. L'idée de base de cet outil repose donc essentiellement sur la nécessité de répondre à un besoin en termes de conseil sur les possibilités d'allocations d'actifs, chaque actif étant ici défini par le conseiller en placement comme un fonds à prendre dans une palette de produits définis, propres ou non aux banques cantonales.

Le projet Swissca Fund Desk est d'ailleurs parti d'un constat qui ne leur est pas spécifique. A savoir que les 10% environ de la fortune investie en fonds de placement le sont dans des fonds de tiers. Cela correspond à une demande précise de la clientèle puisque «pratiquement tous les grands promoteurs composent cette gamme de fonds de tiers». Selon Serge Courtet, les banques cantonales «doivent cependant mieux traiter et suivre ces fonds de tiers». Le principe du FundDesk est donc le suivant. Sur la base des fonds de tiers les mieux représentés dans les portefeuilles des clients des banques cantonales, Swissca définit les produits appelés à figurer dans une liste de base (la «master list»).

Celle-ci, riche de 240 à 250 fonds, est définie sur la base d'une sélection opérée à partir de la palette de produits des 23 promoteurs partenaires au projet. La sélection est faite selon des critères qualitatifs (stratégie du fonds, notation, politique d'information, etc.) par Swissca Gestion de Fonds SA et selon des critères quantitatifs (performance, volatilité, total expense ratio, etc.) par FondVest à Zurich. Cette sélection est revue et actualisée tous les deux mois. Cette liste de base permet au Swissca Fund Desk de constituer trois portefeuilles type adaptés au profil de risque des clients. Ces portefeuilles type comprennent des fonds de la gamme Swissca et des fonds de tiers. «Seule une vision globale de l'univers des fonds de placement permet en effet d'adhérer pleinement aux besoins de la clientèle», commente Serge Courtet.

Au niveau logistique, le Swissca Fund Desk est établi à Londres dans les locaux de Swissca Securities Ltd., le courtier des banques cantonales. Celles-ci peuvent y regrouper leurs ordres. Tout le monde y gagne en simplicité de procédure et donc en frais. Pour les investisseurs, l'intérêt de la formule tient dans une meilleure transparence. Les conseillers en investissement des banques cantonales devraient en effet être désormais aussi bien informés sur les fonds de tiers dans leurs portefeuilles qu'ils ne l'étaient auparavant sur les propres fonds des banques cantonales.