Swisscom a toutes les chances de s'emparer de l'opérateur télécoms italien Fastweb. Annoncée le 12 mars dernier, l'offre publique d'achat (OPA) court de ce mardi jusqu'au 15 mai. Et pour l'heure, malgré plusieurs rumeurs, aucune autre société n'a manifesté son intérêt pour la firme italienne spécialisée dans la télévision et l'Internet à haut débit.

Swisscom, qui propose 47 euros par action, pourrait donc bien au final débourser six milliards de francs pour acquérir sa proie, plus 1,75 milliard s'agissant de sa dette. Actuellement, l'opérateur suisse détient 20,44% de Fastweb. Il avait lui-même acheté 1,74%, avant que Silvio Scaglia, fondateur et président de Fastweb, ne lui cède mercredi ses 18,7%. L'homme d'affaires italien avait annoncé qu'il vendrait sa part dans les trois premiers jours de l'OPA s'il ne recevait pas d'offre supérieure. Il a tenu parole.

L'OPA ne réussira que si Swisscom parvient à détenir 50% du capital plus une action. Actuellement, 67,7% des actions sont sur le marché, et quatre établissements financiers détiennent plus de 2% du capital, le premier étant Unicredito Italiano avec 4,7%.

Mediaset pas intéressé

Aucun concurrent n'a jusqu'à présent poussé Swisscom à élever son offre. Mi-mars, le groupe de médias italien Mediaset semblait intéressé. Mais sa direction, occupée au rachat du groupe de divertissement Endemol Entertainment Holding, démentait rapidement. Un temps cité, Vodafone ne s'est pas manifesté. Le marché ne croit pas à une autre offre, l'action de Fastweb étant depuis plusieurs semaines stable autour des 47 euros.

S'il devait aboutir, ce rachat permettra à Swisscom de s'emparer d'une société qui certes n'a jamais gagné d'argent - Fastweb a perdu 123,6 millions d'euros en 2006 -, mais qui dispose d'un réseau de 22000 kilomètres de fibre optique pouvant relier 45% des ménages italiens. L'opérateur suisse compte profiter de l'expertise de la société italienne dans la télévision via Internet.