Une place de parc qui communique avec une voiture, une boîte aux lettres qui envoie un message à son propriétaire lorsqu’une lettre est arrivée, une poubelle en liaison permanente avec les camions de la voirie… Voilà trois exemples concrets illustrant de l’Internet des objets: chaque appareil peut être connecté au réseau et voir ainsi ses possibilités accrues. Cette opportunité, Swisscom ne veut pas la laisser passer. Lundi, l’opérateur a présenté à Zurich son propre réseau pour l’Internet des objets. Un réseau qu’il veut maîtriser de bout en bout et louer à des clients.

La Suisse voit ainsi naître un nouveau réseau mobile sur son territoire pour relier, d’ici 2020, sans doute 200 millions d’objets, avance Swisscom. L’opérateur est en train d’équiper 300 de ses antennes pour créer un «Low power network», un réseau de faible puissance. Il n’y aura pas besoin d’édifier de nouveaux mâts, assure l’opérateur, qui compte couvrir ainsi 80% de la population d’ici la fin de l’année via un réseau qui lui coûtera moins de 10 millions de francs.

Plus d’un million de machines sont déjà équipées de cartes SIM

Swisscom affirme que les immiscions du réseau sont «extrêmement faibles». Les informations entre les objets et les antennes seront transmises avec une puissance maximale de 0,5 watt. Chaque objet, pour être connecté, devra être équipé d’un mini-module radio et d’une petite pile.

Relier des machines entre elles, Swisscom le fait déjà. «Plus d’un million de machines, telles des ascenseurs ou des réservoirs de carburant, sont déjà équipées de cartes SIM, explique Christian Petit, responsable de Swisscom Enterprise Customers. Le nouveau réseau permettra de relier n’importe quel objet à faible coût pour une transmission immédiate de petites quantités d’information». Et de citer l’exemple d’une place de parc: elle aura besoin de transmettre très peu d’information aux voitures aux alentours pour leur dire si elle est libre ou non. «Un camion de voirie pourra aussi effectuer une tournée plus efficace en sachant exactement quels containers et poubelles doivent être vidés. Les possibilités sont infinies», poursuit Christian Petit.

Start-up de Lausanne

Swisscom affirme que plusieurs dizaines d’entreprises ont manifesté de l’intérêt lors d’un essai pilote à Genève et Zurich démarré en 2015. «Le but sera ensuite de louer notre réseau à toutes les sociétés et collectivités intéressées. Le coût sera a priori faible vu l’investissement réduit nécessaire pour créer ce réseau», estime Christian Petit. Parmi les entreprises qui ont testé le réseau figure une start-up basée à Lausanne, FeedbackNow. Elle propose des petits boîtiers pour mesurer la satisfaction des clients ou des employés. «Le réseau pour l’Internet des objets nous permettra d’abaisser sensiblement nos coûts, en installant ainsi moins de relais radio dans de grands espaces, tels l’aéroport de Genève», estime Jean-Guilhem Chiariny, directeur de la société.

Swisscom n’est pas le seul à créer un réseau pour les objets. Le 2 mars, La Poste annonçait des premiers essais, ce mois, sur l’axe entre Berne et Bienne. Avec déjà en tête des cas pratiques: des capteurs pourront donner une alerte lorsqu’un envoi sera ouvert sans autorisation ou lorsque la température maximale de conservation d’un médicament sera dépassée. Y a-t-il de la place pour Swisscom et La Poste sur ce marché? «Certainement, assure Christian Petit. Nous sommes comme un magasin d’applications: nous créons le réseau et n’importe quelle société peut développer des applications. Et je pense que nous sommes déjà bien avancés».


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