A Mayence, Swisscom vit son baptême du feu: pour la première fois, le groupe participe à des enchères pour des licences UMTS, ces fréquences de la téléphonie mobile du futur. Ce nouveau système, qui sera commercialisé à partir de 2003 environ, permettra de «surfer» sur Internet à l'aide de son téléphone portable et devrait remplacer progressivement les réseaux actuels. A travers la société allemande Debitel, dans laquelle il détient une participation de 74%, Swisscom est en concurrence avec 6 autres groupes (Deutsche Telekom, Mannesmann/Vodafone, E-Plus-Hutchison, Viag Interkom/British Telecommunications, Mobilcom/ France Télécom, Sonera/Telefonica) pour décrocher des fréquences sur le marché allemand. Les analystes estiment que quatre candidats devraient être retenus et que les deux leaders en Allemagne, Deutsche Telekom et Mannesmann/Vodafone, en feront partie. Lors de précédentes mises aux enchères, les groupes de télécoms n'ont pas été effrayés par les grands montants: en Grande-Bretagne, ce sont au total 22,5 milliards de livres (56 milliards de francs suisses) qui ont été déboursés. «Nous sommes très intéressés par une licence sur le marché allemand» explique Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom, «mais pas à n'importe quel prix». Lundi, après les premiers tours, Debitel n'apparaissait pas sur les listes. «Cela ne signifie aucunement que Swisscom/Debitel n'a pas fait d'offre. Pour chaque fréquence, nous publions uniquement les montants les plus élevés», précise Rudolf Boll, porte-parole de l'office allemand de régulation des télécommunications, chargé de l'attribution. Selon de bonnes sources, Debitel s'est alors contenté de proposer 100 millions de deutsche Mark (80 millions de francs suisses) par fréquence, le montant d'enchères minimal. Jusqu'au 20e tour qui clôturé la journée de mardi, c'est Mobilcom, en équipe avec France Télécom, qui est arrivé en tête avec une offre d'un milliard de marks pour deux fréquences. Debitel apparaît désormais en première place pour les paquets de fréquences 3 et 9 en proposant chaque fois 219,7 millions de deutsche Mark. La somme totale des enchères se monte désormais à 3,31 milliards. Tant que les mises augmentent, des tours supplémentaires seront organisés, ce qui pourrait prendre plusieurs semaines. Beaucoup de fréquences seront attribuées qu'en toute fin de procédure.

Pour obtenir une licence, les sociétés doivent au moins obtenir 2 fréquences sur les 12 en jeu. Durant les enchères, chaque entreprise est représentée par deux personnes, enfermées et isolées dans une ancienne caserne américaine de Mayence. La ligne téléphonique qui les relie à leurs centrales est leur seul contact avec le monde extérieur. Chaque société annonce quatre personnes parmi lesquelles elle choisit ensuite ses représentants.

Haute sécurité

Swisscom/Debitel a inscrit «des économistes, des juristes ainsi des membres d'état-major de la direction générale» explique Rudi Schmid, porte-porte de Debitel. Swisscom et son partenaire allemand présentent chacun deux personnes, précise-t-il. «Pour des raisons de sécurité», leur identité ne peut pas être révélée.

La vente des licences est une véritable aubaine pour l'Etat allemand qui encaissera la totalité des recettes: les analystes estiment que les enchères pourraient rapporter jusqu'à 120 milliards de marks. En Hollande pourtant, il y a environ une semaine, lors d'enchères comparables, les prévisions ambitieuses n'ont pas pu être concrétisées. Quatre milliards de francs «seulement» ont été encaissés.