Logitech, Cisco, Credit Suisse, Texas Instruments… Et désormais Swisscom. Mercredi, l’opérateur a annoncé qu’il rejoindrait ces multinationales dans le Parc de l’innovation de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Swisscom compte lancer trois projets en parallèle sur le site de la haute école. Pour Patrick Aebischer, président de l’EPFL, cette alliance est capitale car elle permet de développer, en Suisse, un acteur capable de rivaliser avec Google et Apple.

Concrètement, l’opérateur développera sa présence sur le campus sur trois axes. Le premier, est le plus visible, sera sa présence sur «l’Innovation Park» de la haute école via la création d’un «Digital Lab». Un demi-étage de l’un des bâtiments à la façade gris-vert, doté d’une surface de 428 m², a été réservé à Swisscom. L’opérateur ne dit pas combien de ses employés migreront sur le site. Ils seront a priori une trentaine, issus d’autres sites du groupe. Le deuxième axe sera financier: l’opérateur s’engage à financer des projets en lien avec l’EPFL à hauteur d’un million de francs par année, durant sept ans. Enfin, Swisscom promet qu’il créera des événements, sur le campus, autour des enjeux de la numérisation et facilitera les échanges avec les étudiants. Les autres sites de l’EPFL, notamment celui de Fribourg, sont aussi concernés. Interrogé sur le montant global alloué à ces trois projets, Urs Schaeppi, n’a pas voulu donner de chiffre.

Apple et Intel cités

Pour Patrick Aebischer, «il est très important de ne pas laisser le GAFA s’occuper de tout». Le GAFA, acronyme de Google, Apple, Facebook et Amazon, «ne doit pas, seul, gérer des thématiques aussi importantes que la numérisation de la société ou la médecine connectée. Il nous faut des champions suisses et européens, c’est absolument stratégique pour nous». Le président de l’EPFL a aussi tiré un parallèle avec les derniers rachats effectués en Suisse par des multinationales étrangères. «Bien sûr, nous sommes ravis lorsque Samsung effectue des investissements en Suisse, lorsqu'Apple rachète la société Faceshift issue de l’EPFL ou lorsque Intel acquière deux start-ups de notre campus. D’autant que des activités de recherche demeurent souvent en Suisse. Mais il est aussi capital que des développements économiques soient effectués ici, sur l’arc lémanique».

Voir: notre carte interactive du campus lausannois

Ce n’est pas la première opération de Swisscom à Lausanne. Il y a pile un an, l’opérateur y rachetait la société Veltigroup, spécialisée dans les services informatiques et forte de 480 employés. «La Suisse romande est très importante pour Swisscom, a assuré Urs Schaeppi, directeur de l’opérateur. Et il faut vraiment mettre en commun nos forces avec le monde académique pour créer des centres de compétences, sachant que la Suisse est plus petite que la Silicon Valley». Des projets ont déjà démarré sur le campus, notamment avec l’opérateur boursier SIX sur les enjeux de la société en réseau. Mercredi, un responsable de l’EPFL estimait que l’expertise de Swisscom pourrait être associée à un projet sur les feux de signalisation intelligents. Swisscom a aussi des liens avec l’EPFZ: depuis 2012, il y finance une chaire d’enseignement de la sécurité de l’information.

Encore de la place

Au Parc de l’Innovation, tous les modèles existent. «Les deux grands sont sans conteste Logitech et Nestlé, explique Michaël Thémans, adjoint de la vice-présidente pour l’innovation et la valorisation à l’EPFL. Le premier y a installé son siège international, le second son Institute of Health Sciences». A une échelle moins importante, Credit Suisse et Cisco comptent une vingtaine d’employés chacun. «Nous nous adaptons aux besoins de chaque entreprise. Certaines, comme PSA, sont surtout présentes pour détecter les talents et voir ce qui se fait à l’EPFL. La plupart mélangent projets de recherche, développement de produits et échanges avec des étudiants», affirme Michaël Thémans. Le responsable affirme que 91% des locaux du Parc de l’Innovation sont désormais occupés. Au total, la surface des bureaux est de 55 000 m².