Quelles seront les conséquences du mariage entre Deutsche Telekom et Telecom Italia sur la stratégie internationale de Swisscom? L'opérateur suisse souffrira-t-il de la constitution du nouveau géant européen? Le moins que l'on puisse dire est que le principal intéressé, comme les analystes, reste très prudent. Pour Jacques Bettex, porte-parole de Swisscom, la fusion italo-allemande va modifier le paysage européen des télécoms mais pour l'instant «nous observons». Autrement dit, la stratégie de l'ancien monopole helvétique se poursuit dans l'expansion sur les marchés de proximité (France, Allemagne, Autriche, Liechtenstein et Italie) ainsi que dans sa participation au consortium Unisource. Une position qui ne sera peut-être pas tenable à l'avenir, un rapprochement avec un grand opérateur risquant, aux dires de certains analystes, de s'avérer indispensable.

Quelle que soit leur opinion, les spécialistes de la branche restent également dans l'attente. «Cette alliance ne devrait pas avoir d'impact sur Swisscom dans l'immédiat», note néanmoins Daniel Pellet, analyste chez Darier Hentsch & Cie. Car d'une part l'opérateur helvétique ne chasse pas sur les mêmes terres que le nouveau géant et, d'autre part, parce que ce dernier ne devrait pas manifester d'intérêt particulier pour le marché suisse à court terme. Pour Alexandre Pasini, analyste chez Lombard Odier & Cie, la naissance du groupe italo-allemand pourrait avoir des répercussions négatives sur Swisscom dans la mesure où les tarifs du premier deviendraient très compétitifs. Mais actuellement, la grande question de la fusion entre Deutsche Telekom et Telecom Italia reste entière.