Le Temps: Quelle est votre réaction après la décision du Conseil des Etats d'enterrer la privatisation de Swisscom? Carsten Schloter: Ce n'est pas une surprise, la bataille semblait perdue d'avance.

Par contre, je salue le fait que trois questions aient été mises sur la table: la structure de l'actionnariat, le service universel et la sécurité des installations via nos relations avec l'armée.

Il faut que le débat se poursuive et que des réponses claires soient trouvées.

- Vous l'aviez dit récemment, Swisscom risque d'avoir de la peine à vivre avec les directives du Conseil fédéral...

- Pour l'instant, cela ne pose pas de problème. Mais imaginons que le processus politique redémarre en 2008, et qu'il dure entre douze et dix-huit mois, ce qui est réaliste. A ce moment-là, Swisscom prendra un risque absolu, car d'ici là des opportunités d'achat intéressantes à l'étranger nous aurons peut-être échappé.

- Craignez-vous une ingérence plus importante de la politique dans la marche de vos affaires? - Non. Il y eut certes l'accroc de fin 2005, mais je ne pense pas que cela se reproduira. Le cadre législatif est clair, tout comme les objectifs fixés par le Conseil fédéral. Je ne suis pas inquiet de ce côté-là. - Que pensez-vous de la proposition de l'association Actares, qui demande que Swisscom soit décoté de la Bourse?

- C'est une réaction épidermique, je n'y suis pas favorable. Certes, notre action n'a pas de caractère spéculatif, et le taux de retour est élevé. Mais, en même temps, Swisscom vit bien avec l'actionnariat actuel, et nous disposons d'une certaine flexibilité pour nos investissements.