«Plus Swisscom s'éloigne de son territoire, moins les chances de succès sont élevées. Je suis plutôt négatif concernant ces rumeurs.» Panagiotis Spiliopoulos, analyste auprès de Vontobel, ne cache pas son scepticisme envers la dernière opération envisagée par Swisscom: le rachat des 51,1% du capital de Cesky Telecom entre les mains de l'Etat. L'opérateur suisse a confirmé son intérêt pour ce rachat, qui ne s'effectuerait pas, ironie de l'histoire, en territoire inconnu. En 1995, Swisscom achetait, via TelSource, joint-venture avec KPN, 27% de l'opérateur tchèque pour 1,5 milliard de francs. En décembre 2003, il revendait cette même participation pour quelque 620 millions de francs, suite à un désaccord avec d'autres actionnaires.

Des concurrents sur les rangs

Pourquoi, après cet échec, revenir aujourd'hui en République tchèque? «Au moment de la vente, Swisscom misait beaucoup sur le rachat de Telekom Austria, qui ne s'est finalement pas concrétisé, poursuit Panagiotis Spiliopoulos. De plus, Jens Alder (ndlr: directeur de Swisscom) ne veut pas se contenter d'une participation minoritaire, mais contrôler un opérateur.» L'opération pourrait coûter environ 3 milliards de francs à Swisscom. Mais la présence sur les rangs de géants tels Vodafone, TDC ou encore Deutsche Telekom risque de faire grimper les prix.