Un bénéfice en recul au troisième trimestre, mais des investisseurs qui saluent les résultats de Swisscom. Ce phénomène peut sembler un peu paradoxal. Mercredi, le titre de l'opérateur a progressé de 0,51% à 442,75 francs malgré la publication de profits inférieurs aux prévisions. L'annonce de la suppression de 390 emplois et les économies qui en résulteront donnent un début de réponse. Les restructurations sont généralement bien accueillies par les marchés.

Ce n'est pas l'unique explication. «Swisscom a fait nettement mieux qu'attendu au niveau opérationnel», affirme Nicole Burth Tschudi, analyste chez LODH à Zurich. Le résultat opérationnel (EBITDA) s'est élevé à 1,114 milliard de francs au troisième trimestre, alors que la spécialiste tablait sur un chiffre de 1,064 milliard. «La percée des lignes à haut débit ADSL (ndlr: accès rapide à Internet) sur le réseau fixe et la bonne tenue des marges dans le domaine des mobiles ont soutenu la profitabilité de l'opérateur», précise l'analyste.

La division Fixnet durement touchée

Le bénéfice net est resté, lui, en deçà des attentes. «Je tablais sur un chiffre de 457 millions, mais il est sorti à 381 millions», explique Nicole Burth Tschudi. Une charge extraordinaire de 150 millions a pesé sur les profits. Elle provient d'amortissements sur les droits d'utilisation de câbles sous-marins. «La baisse du volume de Swisscom dans la téléphonie fixe explique cet ajustement», confie l'analyste.

Pour améliorer sa compétitivité, Swisscom va réduire de 2,5% le total des postes de travail en 2005. «Les nouvelles technologies, tel le téléphone par Internet (VOIP), une concurrence acharnée ainsi que des interventions de l'autorité de régulation dirigées contre Swisscom (ndlr: levée du monopole sur le dernier kilomètre de raccordement) alimentent la baisse des prix et augmentent la pression sur les coûts», indique l'opérateur. La division Fixnet (téléphonie fixe) sera la plus durement touchée avec 240 emplois qui passeront à la trappe. Jens Alder a précisé à l'agence Bloomberg que «chaque suppression de poste permet d'économiser entre 150 000 et 170 000 francs par an».

Ventes en progression

Les syndicats n'ont pas apprécié. «Nous sommes indignés par cette décision, souligne Giorgio Pardini, vice-président du syndicat de la communication. La Confédération, qui contrôle l'opérateur, aurait pu donner un signal en s'opposant aux licenciements et en privilégiant le travail à temps partiel. En fait, cela démontre que l'on se soucie davantage des actionnaires que des employés.» Swisscom employait 15 644 personnes fin septembre, soit 570 de moins qu'il y a douze mois.

Dans le détail, les ventes de l'opérateur au troisième trimestre ont atteint 2,526 milliards, contre 2,492 l'année dernière. Quant au chiffre d'affaires après neuf mois, il a progressé de 0,7% à 7,525 milliards par rapport à 2003. Pour l'ensemble de l'exercice 2004, Swisscom prévoit des ventes de l'ordre de 10 milliards et un bénéfice opérationnel «d'au moins» 4,3 milliards.

Au-delà, les investisseurs ont certainement apprécié le montant de cash accumulé par l'opérateur. Les liquidités ont explosé de 70,5% à plus de 2,5 milliards de francs d'une année sur l'autre. Dès lors, Swisscom va mettre en place un nouveau plan de rachat d'actions. Une pratique qui devrait soutenir le cours du titre.