Télécoms

Swisscom s’attaque au marché de la sécurité

Un kit pour surveiller son domicile à distance vient d’être lancé par l’opérateur. Swisscom a conclu un accord avec Securitas Direct. Mais il pourrait aussi lui prendre des clients

Swisscom s’attaque au marché de la sécurité

Télécoms Un kit pour surveiller son domicile à distance vient d’être lancépar l’opérateur

Swisscom a noué un accord avec Securitas Direct. Mais il pourrait aussi lui prendre des clients

L’informatique bancaire, la gestion de parcs automobiles, les dossiers électroniques des patients… Et depuis quelques jours, la sécurité des villas et appartements. Une semaine avant la présentation de ses projets de voitures sans conducteur, Swisscom a dévoilé mardi à Lausanne SmartLife, sa nouvelle offre de détection de cambriolages. L’opérateur poursuit sa diversification avec un service, lancé en partenariat avec Securitas Direct, qui va concurrencer les offres des prestataires locaux de sécurité.

SmartLife se présente comme un kit à installer soi-même. L’offre de base intègre un boîtier central, un détecteur d’ouverture de porte ou de fenêtre et une télécommande, pour 299 francs. Au client d’y ajouter ensuite les capteurs qu’il désire: une caméra statique (169 francs), une caméra rotative (169 francs), un détecteur de mouvements (69 francs), de fuite d’eau (69 francs) ou encore de fumée (69 francs). «Le but est de laisser le client libre de gérer comme il le souhaite la sécurisation de son domicile, selon ses besoins très précis», explique Frédéric Gastaldo, responsable de la division Connected Living chez Swisscom. Pour 9.90 francs par mois, l’abonnement de base laisse aussi l’utilisateur seul gérer ses alertes, qu’il reçoit sur son smartphone via une application dédiée: c’est à lui de contacter la police en cas d’effraction, de départ d’incendie ou d’inondation. Le service est disponible pour tous les clients, quel que soit leur opérateur. SmartLife s’achète en ligne, via une carte de crédit, mais n’est pas disponible dans les magasins de Swisscom.

Avec SmartLife, l’opérateur relance un service, Quing, lancé sans réel effort marketing il y a deux ans et demi. «C’était une première tentative de pénétrer le marché de la domotique, poursuit Frédéric Gastaldo. Nous avons beaucoup appris depuis: nos services sont deux fois moins chers, le marché est devenu mûr. Et nous n’allons pas nous arrêter là, puisque SmartLife permettra bientôt de gérer sa consommation d’énergie via plusieurs capteurs.» D’ores et déjà, le service permet de prévoir des scénarios: émettre une alerte si le taux d’humidité de la cave chute sous les 56% ou allumer certaines lumières à 20h30.

Swisscom s’est allié avec Securitas Direct pour lancer un deuxième abonnement, coûtant 24.90 francs par mois. En cas d’alerte, le client peut cliquer sur un bouton de son smartphone et faire intervenir un agent de Securitas Direct – avec un surcoût de 250 francs minimum par intervention. La société de sécurité propose, seule, une offre sensiblement plus chère: pour une villa, un kit de base coûtant environ 2100 francs, plus 2000 francs de capteurs additionnels selon la taille de la maison, plus un abonnement mensuel de 83.50 francs.

Securitas Direct ne risque-t-il pas de se faire cannibaliser par Swisscom et ses tarifs? «Je ne pense pas, car notre propre offre s’adresse à des clients qui veulent nous confier l’ensemble de leur sécurité: nous établissons une offre personnalisée, nous installons le matériel, nous gérons nous-mêmes les alertes, et deux interventions par an sont gratuites», réplique Luc A. Sergy, directeur de Securitas Direct. Pourtant, en face, SmartLife donne plus de possibilités à ses clients, en leur permettant d’afficher des flux vidéo sur smartphone, par exemple.

Selon Frédéric Gastaldo, l’offre de Swisscom s’adresse plutôt à des amateurs éclairés, capables de tout installer eux-mêmes. De son côté, Luc A. Sergy insiste: «Je pense que SmartLife intéressera surtout les personnes qui habitent en appartement. Je ne crains pas cette concurrence. Securitas Direct compte 25 000 clients en Suisse, dont 65% de particuliers. Swisscom ne donne pas d’objectif en termes de nombre de clients.

Que pense un «petit» acteur du secteur? Directeur de la société Phoenix Security Agency, basée à Givisiez (FR), Frédéric Schouwey est circonspect. «Swisscom et Securitas Direct sont deux géants dans leur domaine, ils risquent de faire mal aux petites sociétés actives dans la sécurité, estime-t-il. Et c’est un peu particulier: nous travaillons avec Swisscom pour les raccordements à nos systèmes d’alarme, et d’un coup ils deviennent nos concurrents.»

Frédéric Schouwey s’interroge aussi sur la crédibilité des nouvelles offres. «La sécurité est une affaire de professionnels, or Swisscom est à la base un opérateur télécoms. Que se passera-t-il si l’alarme ne détecte pas une intrusion? Il est aussi important, à mon avis, que le système d’alarme soit configuré et adapté par un spécialiste.» Le directeur de Phoenix Security Agency affirme que son tarif de base est d’environ 500 à 1000 francs pour une installation standard, plus environ 39 francs par mois pour l’abonnement.

Swisscom propose à ses clients certains services que Securitas Direct n’a pas dans son catalogue

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