Fastweb n’attend pas de décision jeudi sur son éventuelle mise sous tutelle judiciaire, a indiqué une porte-parole de la société. La filiale italienne de Swisscom est au centre d’une vaste affaire présumée de fraude fiscale et de blanchiment d’argent.

«Il est improbable qu’une décision du juge tombe aujourd’hui», a indiqué à l’ATS une porte-parole de Fastweb. Selon elle, le couperet devrait tomber dans les prochains jours. La rencontre de jeudi est destinée seulement à l’apport de pièces supplémentaires au dossier, a-t-elle précisé.

Le juge romain en charge de l’affaire avait accepté mardi la demande de report faite par Fastweb et l’autre société impliquée, Sparkle, filiale de Telecom Italia.

Selon la presse italienne de jeudi, les deux sociétés de télécommunications italiennes ont demandé au juge de limiter leur éventuelle mise sous tutelle.

D’après le quotidien «Il Sole 24 Ore», Fastweb serait disposée, à accepter la mise sous tutelle de sa seule division «wholesale», c’est-à-dire celle consacrée au trafic téléphonique en gros, qui se trouve au centre de cette affaire.

Pour sa part, Telecom Italia Sparkle a indiqué dans un communiqué avoir déjà envisagé de «conférer à un tiers indépendant la tâche, entre autres, de vérifier son système de contrôle interne».

Les deux sociétés sont accusées d’avoir facturé environ 2 milliards d’euros (2,9 milliards de francs) de services téléphoniques jamais effectués auprès de sociétés étrangères de complaisance.

Ils auraient fraudé de cette manière le fisc pour un montant de 365 millions d’euros. La justice italienne a émis fin février 56 mandats d’arrêt, notamment contre Silvio Scaglia, fondateur et ancien patron de Fastweb.

Le patron de Swisscom Carsten Schloter a réitéré son soutien au directeur de Fastweb. «Sur la base de ce que nous savons aujourd’hui de l’enquête indépendante (lancée par Swisscom), il n’y a aucune raison de retirer la confiance à l’actuel patron» de Fastweb, a-t-il déclaré dans une interview parue jeudi dans la «Neue Zürcher Zeitung».

«Par contre, il est clair que des salariés contre lesquels existent des éléments à charge devront être suspendus», a-t-il averti.

La maison-mère helvétique a lancé un audit indépendant de l’acte d’accusation et conclu qu’il ne contenait pas «d’élément à charge contre la direction actuelle».

«Les affirmations, selon lesquelles une enquête est menée sur la direction actuelle pour blanchiment d’argent, sont tout simplement fausses», a ajouté Carsten Schloter.

Le patron estime que Fastweb pourrait se voir reprocher par la justice italienne de ne pas avoir respecté le devoir de diligence et ne se verrait donc pas restituer les 70 millions d’euros de TVA réclamés. Elle pourrait également devoir payer une amende, a-t-il ajouté.

Les répercussions sur l’activité de Fastweb ne pourront être établies que dans six à neuf mois, selon Carsten Schloter.