Technologie

Swisscom veut rattraper son retard sur le marché du «cloud»

L’opérateur télécoms a présenté jeudi ses nouvelles offres en matière d'«informatique en nuage» pour les entreprises

Swisscom, une entreprise à qui personne ne résiste et qui domine ses concurrents sur tous les plans? Presque. L’opérateur, en position de force sur le segment des particuliers, avec des parts de 50 à 65% selon les produits, n’est pas dominant sur celui des entreprises. Jeudi, Swisscom a présenté à Zurich de nouvelles offres en cloud computing («informatique en nuage»), destinées à rattraper son retard.

Durant les six derniers trimestres, la division «clients commerciaux» de l’opérateur – censée être en progression – a vu le plus souvent son chiffre d’affaires reculer, avec notamment une baisse de 1,6% sur l’ensemble de 2016 et de 0,7% au deuxième trimestre 2017. «Notre stratégie a toujours été la bonne, mais nous n’avons pas mis assez vite sur le marché des services performants pour les entreprises. Or le cloud computing est essentiel pour nous. Avec les nouvelles offres annoncées ce jeudi, nous devenons concurrentiels et je suis certain que nous allons croître ces prochains mois», affirme Urs Lehner, responsable de Swisscom Enterprise, division qui était jusqu'en juin dirigée par Christian Petit.

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Concrètement, Swisscom lance un «Enterprise Service Cloud», supposé couvrir l’entier des besoins des entreprises clientes, de l’hébergement de données aux services tournant sur des serveurs distants. De plus, l’opérateur propose un service spécifique de cloud pour les entreprises qui veulent utiliser les solutions de SAP à distance. Et d’ici peu, Swisscom proposera à ses clients les offres en ligne d’Amazon (Web Services) et de Microsoft (Azure). Le marché du cloud se développe sur le plan mondial, permettant à des PME ou à des multinationales de sous-traiter tout ou partie de leur informatique dans des centres de données.

Division de 5000 employés

La division «clients commerciaux» de Swisscom compte 5000 employés (sur un total de 16500) et génère environ 26% du chiffre d’affaires du groupe. Elle compte environ 300 clients pour ses services cloud. Pourquoi un chiffre d’apparence si faible? «Parmi ces clients se trouvent des multinationales, répond Urs Lehner. Nous sommes un acteur majeur du cloud en Suisse [il n’existe pas d’étude sur les parts de marché, ndlr] et nous allons devenir de plus en plus importants via notre nouvelle offre. Et avec nos quatre centres de données destinés à nos clients, nous sommes performants.»

Swisscom fait face à des concurrents locaux en expansion – Safe Host vient d’inaugurer un centre de données de 14000 m2 à Gland – et à des concurrents étrangers dotés de centres en Suisse, tels Equinix ou Interxion.

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Aussi pour les particuliers

Swisscom propose aussi une offre d’informatique en nuage pour les particuliers, baptisée mycloud et lancé en 2015. L’opérateur compte 20000 clients à ce service, qui permet de stocker photos, vidéos et autres documents en ligne. MyCloud propose un espace de stockage illimité pour certains clients de Swisscom. L’opérateur, qui a peu communiqué sur cette offre, pourrait lancer prochainement une campagne marketing à ce sujet.


Le Conseil fédéral veut mieux protéger les consommateurs

Tous les fournisseurs de services télécoms doivent avoir la possibilité de faire parvenir leur offre à la clientèle: le Conseil fédéral a remis au parlement jeudi une révision de loi qui doit encourager la concurrence mais aussi renforcer la protection des consommateurs.

Le projet doit permettre au Conseil fédéral, en cas de défaillance du marché, de concevoir l’accès au raccordement d’abonnés de manière «technologiquement neutre»: les fournisseurs occupant une position dominante sur le marché, comme Swisscom, devraient alors permettre aux concurrents d’utiliser certaines infrastructures.

Ils devraient garantir l’accès non seulement aux câbles de cuivre traditionnels, mais aussi aux raccordements plus performants comme la fibre optique. Les exploitants de réseau obtiendront un droit de raccordement aux points d’accès des bâtiments et de co-utilisation des installations de télécommunication à l’intérieur de ceux-ci.

Ces dispositions devaient d’abord être proposées dans une seconde étape de la révision de loi mais le Conseil fédéral a décidé de réunir tous les aspects du dossier dans un seul message. Le projet vise aussi à renforcer la position des consommateurs: le gouvernement devrait entre autres pouvoir prendre des mesures contre les tarifs exagérés en matière d’itinérance internationale (roaming).

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