Alain Berset a payé de sa personne, jeudi sur Twitter. Le conseiller fédéral a publié une petite vidéo de 46 secondes pour appeler, en français et en allemand, les Suisses à télécharger l’application de traçage des contacts SwissCovid. Disponible officiellement pour tous depuis jeudi, cette app a été téléchargée à 150 000 reprises depuis les premières heures de la journée. Au total, en comptant les personnes qui ont testé l'app ces dernières semaines, on approche les 300'000 utilisateurs.

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Les autorités ne donnent toujours aucun chiffre ou pourcentage sur l’utilisation visée de cette app. Mais jeudi matin, lors d’une conférence de presse organisée par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), un indice a été révélé. Sang-Il Kim, chef de la division transformation numérique à l’OFSP, a indiqué qu’il serait personnellement heureux si 20% des propriétaires de smartphone téléchargent cette application, tout en disant que «chaque utilisateur est utile». Marcel Salathé, professeur à l’EPFL, a complété en indiquant que des personnes même déjà testées positivement ces dernières semaines au virus devraient télécharger l’application, car nous n’en savons pas encore assez sur cette maladie.

Questions sur la sécurité

Jeudi, plusieurs questions concernant la sécurité de l’application ont été posées. «Nous avons examiné de très près les lacunes potentielles du système», a assuré Sang-Il Kim, qui a affirmé qu’il n’avait pas eu connaissance d’attaques de la part de pirates informatiques pendant la phase de test. Quid de la fiabilité de la technologie sans fil Bluetooth, utilisée par les téléphones pour communiquer entre eux? Mathias Wellig, directeur de la société Ubique, qui a participé au développement de l’app, a dit que Bluetooth ne constituait pas un risque. Il peut y avoir des lacunes dans l’interface de cette technologie, «mais cela ne concerne pas notre application, mais le Bluetooth lui-même. Les fabricants essaient en permanence de sécuriser cette interface.»

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Concernant le fait que SwissCovid ne tourne que sur des téléphones récents, Mathias Wellig a reconnu qu’il était malheureux que l’application ne fonctionne que sur les dernières versions des systèmes d’exploitation iOS (Apple) et Android (Google). Sang-Il Kim a ajouté que seuls 20% des utilisateurs de Suisse sont techniquement exclus de cette app. Dans d’autres pays, ce chiffre serait beaucoup plus élevé, selon lui.

Incompatible avec la solution française

A l’avenir, il devrait être possible de connecter l’application SwissCovid avec des programmes de traçage des contacts d’autres pays. «Nous discutons avec les pays voisins sur les plans technique et réglementaire», a affirmé Sang-Il Kim. Un accord, au niveau européen, pourrait intervenir dans les prochaines semaines. Mais ce ne sera sans doute pas possible avec la France, dont l’application est incompatible avec celle de la Suisse. Car l’Hexagone a opté pour un système centralisé, alors que la Suisse a choisi un modèle décentralisé, se basant sur des mises à jour logicielles d’Apple et de Google – ce que n’a pas fait notre voisin.

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