Swissmem critique toujours les banques pour le durcissement des conditions d’octroi de crédits depuis l’éclatement de la crise. Le constat prévaut quand des problèmes de liquidités se posent, estime l’association faîtière de l’industrie des machines.

Les banques exigent parfois des suppressions d’emplois dans le cadre des négociations pour l’obtention de crédits, décrit Ulf Berg, ancien président de Sulzer et membre de la direction de Swissmem, dans une interview à l’hebdomadaire SonntagsZeitung. A ses yeux, elles pensent à trop court terme.

Le phénomène affecte toutes les entreprises du secteur, y compris celles dont la conduite est irréprochable en ces temps de crise, ajoute Ulf Berg. Et la reprise n’est pas pour tout de suite, selon lui. «2009 et 2010 resteront très très difficiles», avance-t-il, dans la mesure où tous les effets ne se sont pas encore déployés.

Licenciements à venir

Selon Panagiotis Spiliopoulos, analyste chez Vontobel spécialisé dans les valeurs industrielles, une vague de licenciements est à craindre vers la fin de l’été, après l’arrivée à échéance des mesures de chômage partiel. Si les entreprises qui sont actives dans des domaines où les cycles sont courts vont profiter d’un besoin de restockage, celles dont les cycles sont plus longs commencent seulement à être frappées par la crise, a-t-il dit dans la NZZ am Sonntag. Dans la SonntagsZeitung, le patron de Sulzer, Ton Büchner, souligne que la situation continue de se dégrader, après une baisse des entrées de commandes de 25% au premier semestre.

Face à un financement difficile, un groupe de cadres bancaires et de juristes alémaniques veut lancer sa propre banque pour les PME, selon le quotidien de Winterthour Landbote et NZZ am Sonntag. Dans le SonntagsBlick, le responsable des crédits à la Banque cantonale de Zurich, Charles Stettler, s’inquiète surtout du refinancement de grandes entreprises. Sur le marché des capitaux, près de 11 milliards de francs de titres de dette arrivent à échéance en 2009 et 2010.

Il sera difficile pour de nombreuses sociétés de s’adresser directement au marché ou de trouver des crédits auprès d’instituts étrangers, et celles-ci s’adresseront aux banques suisses. Par exemple, le cimentier Hoclim devra lever 400 millions de francs et le fabricant de systèmes de contrôle d’accès Kaba 575 millions, selon l’hebdomadaire. Charles Stettler pense que les banques seront confrontées à des demandes de crédits supplémentaires pour 4 à 5 milliards.